Ne plus vivre avec lui

 

Sylvia a dix-sept ans. Elle en a marre de la garde alternée, marre de vivre chez son père, de devoir assumer ses petites soeurs de cinq ans, Line et Lola. Elle appelle son père, il accepte qu’elle parte, et au moment même, il meurt dans un accident de voiture.

Sylvia se sent d’abord responsable de cette mort. Ensuite les émotions déferlent : la colère, le chagrin qu’il faut éloigner pour tenir, l’incompréhension. A 17 ans, la voilà projetée dans le monde des adultes, elle devient presque la mère des ses soeurs et même de sa propre mère. Car ses parents avaient beau être séparés, ils s’aimaient toujours à leur manière.

Pour tenir, Sylvia va habiter l’appartement de son père. Alors qu’elle ne s’y plaisait pas « avant », elle va y trouver son espace, les souvenirs, les odeurs. Qui lui font enfin nouer un lien et faire vivre ce père si original, qui avait tant de mal à exprimer son amour. (« Je prends ton gros pull rouge pour moi. Oh Papa, il a ton odeur. Tu es mort et ton odeur vit encore« ).

Sylvia trouve les mots, les rituels qui vont lui permettre de commencer son deuil. Les mots qui exorcisent, les mots qui relient tous les membres de cette famille.

« Je t’en veux, Papa, je t’en veux, t’as pas idée comme je t’en veux. Je t’en veux d’être mort. Si vite, sans prévenir. Je t’en veux, de nous laisser tomber. De nous laisser sans toi. Je déteste que tu sois mort. Pigé ? » 

Apprendre à « ne plus vivre avec lui » avant de vivre d’autres liens, une autre histoire.

 

Quel personnage que cette Sylvia, quel chemin elle invente, pour elle, pour ses petites soeurs, pour sa mère, pour son petit ami Maxime qui l’accompagne de loin en loin. Elle apprend la vie intuitivement à dix-sept ans. Nous la suivons pendant un an, et nous partageons son chagrin, sa culpabilité, sa colère mais aussi son apprentissage de la sérénité. Son extraordinaire don pour trouver les mots et les gestes qui consolent, qui apaisent.

Une très belle variation sur le deuil et le souvenir, à recommander à tous.

 

Merci à L’encreuse chez qui j’ai découvert ce livre et dont vous pouvez lire le beau commentaire ici et… merci à ma bibliothèque !

 

Eva Kavian, Ne plus vivre avec lui, Mijade, 2009

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