Renaître est un recueil de poésie de Martine Maillard, illustré par Raphaël Godefroy. Je l’ai reçu grâce aux Agents littéraires et à Vincent, que je remercie, et bien sûr grâce à une toute jeune maison d’édition basée à Brest, Stellamaris, et à Michel Chevalier, que je remercie tout particulièrement : je tiens à signaler que c’est la première fois que je reçois un livre en vue d’un partenariat, accompagné d’un petit mot ; même si je suis une jeune blogueuse, j’ai déjà reçu quelques livres et aucun ne contenait de message, même formel. Merci donc, Stellamaris !

Voici ce que j’ai trouvé sur Martine Maillard : « Née de parents musiciens et enseignants, Martine Maillard s’est ouverte à la fois aux arts et à la culture. Après avoir édité un recueil de poèmes à Paris en 1974 aux éditions Saint-Germain-des-Prés, « le Rossignol d’Argent », elle s’est partagée entre la pratique musicale de plusieurs instruments, l’enseignement et l’écriture. Dans ses écrits elle essaie de partager son amour de la vie et des arts. »

Mais parlons du livre ! Il faudra me pardonner car je ne parviens pas à trouver les mots pour parler de poésie. Je goûte les mots, les images, sans parvenir à structurer mes impressions.

On est d’abord intrigué par le choix de l’illustration de couverture : il s’agit d’un peigne distribuant l’eau dans la palmeraie de Timimoun (Algérie), une photo prise par l’auteur elle-même. Des palmiers, de la terre, de l’eau, de la lumière : si la photo est un souvenir personnel de l’écrivain, elle a sans aucun doute de l’importance par rapport à ce recueil poétique. Il est d’ailleurs dédicacé “à mes trois filles qui m’apportèrent chacune sa lumière et sa fraîcheur”.

L’ouvrage est divisé en trois parties : Le passage – Labyrinthes et flammes – La remontée du fleuve.

Le passage est présenté comme “Poèmes d’une jeune femme amoureuse dont la sensualité s’exprime en termes de paysages et de nature jusqu’au moment où un manque se fait jour, jetant l’angoisse dans ses rêves qui deviennent fantastiques et la poussent à un dépaysement vécu comme cosmique. “Mourir” prend alors le sens de “passer de l’autre côté”, derrière le décor en quelque sorte.”

Labyrinthes et flammes” est “Un itinéraire à travers la folie, ses cris et ses lueurs, comme une descente aux enfers.”

Enfin, La remontée du fleuve : « Aux berges du fleuve, c’est le bonheur, ou la naissance d’un enfant. Puis des eaux troubles apparaissent, et ce n’est qu’en remontant vers la Source, une haute cascade, que la « pureté » originelle est retrouvée. »

On le sent, Martine Maillard est inspirée par les légendes, la mythologie, il y a dans ses textes un rapport à une certaine forme de sacré, une origine et une fin, qui donne sens à sa recherche, à son écriture. Le titre et l’agencement des trois parties de ce livre en sont, me semble-t-il, représentatifs, même si les trois parties ont d’abord été publiées séparément. La mort, le mystère, la quête mystique se mêlent à la nature pur donner vie à une oeuvre poétique à la fois simple et complexe.

Les images de nature, d’espace, d’astronomique, de nuit, de jardin et de lune, de quête amoureuse, jouent dans des formes variées, tantôt classiques, tantôt libres et éclatées, tantôt ludiques comme l’acrostiche. La mise en page assez sage laisse plutôt parler, éclater l’amour de la vie, la curiosité, la quête de la lumière. Et si lepropos est plutôt lyrique dans son ensemble une petite touche d’humour ou de folie pointe deci-delà.

 

Voici deux extraits, l’un en acrostiche, Hermine, l’autre en forme de boutade poétique, Drôle de couple.

 

H  armonieuse parmi ces chemins étoilés,

E  trange dans la nuit aux sources invisibles,

R  ègne sur l’infini des astres en allés,

M  êle à tes cheveux clairs leurs rêves impassibles…

I  mmobile et sereine au centre du brasier,

N  e verras-tu jamais la forêt s’extasier

E  t frémir à l’appel de tes grands yeux paisibles ?

 

Tu ne m’as même pas fait la charité

Reproche-t-il

Je ne suis pas née pour la charité

Répond-elle

Et tombent tombent les petits oiseaux

De Camargue

Trois illustrations de Raphaël Godefroid (qui semblent réalisées à l’acrylique, mais je ne suis pas spécialiste) complètent cette édition, elles introduisent d’abord chaque partie en noir et blanc et sont rassemblées à nouveau à la fin de l’ouvrage, en couleurs.

 

Martine MAILLARD, Renaître, Editions Stellamaris, 2011