Kiosque (Le)

 

Présentation de l’éditeur :

En Union soviétique, à une époque non déterminée, une rumeur circule selon laquelle un célèbre compositeur en exil revient à Moscou pour un dernier concert. Une file d’attente commence à se former devant un kiosque. Sergueï, musicien rêvant d’interpréter une symphonie, apprend qu’il n’y aura que 300 places disponibles avec un seul billet par personne. Il est alors persuadé que c’est lui, et personne d’autre de sa famille, qui a le droit d’aller écouter Selinsky.

Peu à peu, des gens qui ne se connaissent pas se retrouvent, chaque jour, pendant un an. Et, au fil du temps et des saisons qui passent, alors que le kiosque reste fermé, ces « silhouettes » anonymes prennent corps. Des amitiés improbables se nouent, des souvenirs enfouis refont surface, des événements inattendus les aident à dépasser les frustrations quotidiennes.

Comme le précise l’auteur, elle s’est inspirée d’une histoire vraie. En 1962, le célèbre compositeur Igor Fiodorovitch Stravinsky est invité par le régime soviétique à venir diriger un concert à Moscou ; ce sera son premier voyage de retour dans son pays natal après presque 50 ans d’absence. La file d’attente pour les billets commença un an avant le spectacle et se transforma en un étrange et compliqué réseau social.

 

Lorsque Valou a proposé de faire voyager ce livre, j’étais assez intéressée, mais la magie n’a pas vraiment fonctionné avec moi… Je me suis un peu (beaucoup) ennuyée à lire ce livre, et j’en suis désolée. Je ne sais pas pourquoi ça n’a pas trop accroché… Dès le début, peut-être, je me suis sentie collée dans la neige fondue, la boue dans laquelle piétinent ceux qui font la file devant le kiosque. En cela le livre est très riche et rend bien compte des conditions dans lesquelles vivaient les gens sous le régime soviétique, du sens aigu de l’absurde dont faisaient preuve les autorités : ce kiosque est le symbole même d’une fausse organisation, des dysfonctionnements du pouvoir.

Les gens qui font la file ne sont pas très sympas. Peut-être que, je l’avoue, préoccupée par plein d’autres choses, je n’ai pas voulu me laisser toucher par les rêves déçus, les désillusions, la fatigue morale de Sergueï, Anna, Alexander et les autres… Leurs histoires sont un peu tirées en longueur !

Ce qui m’a gênée aussi, c’est la transposition de l’histoire soviétique en trois périodes fictives, qui correspondent à trois phases réelles de l’URSS (l’auteur l’explique en fin de livre) et la déformation du nom de Stravinsky en Selinsky : ce presque pareil aurait pu être laissé au profit d’une histoire plus réaliste dans laquelle intervenaient des personnages fictifs.

Bref, c’est un rendez-vous raté et je le regrette… Dans le même registre, les films Le Concert et Une exécution ordinaire m’ont davantage intéressée finalement. J’ai d’ailleurs dans la PAL le livre de Marc Dugain.

Je remercie quand même bien sincèrement Valou de m’avoir fait parvenir ce livre ! Son avis est ici. J’espère qu’il plaira davantage aux autres qui accueilleront ce roman !

 

Olga GRUSHIN, Le Kiosque, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Alain Defossé, Editions Rivages, juin 2011