Photo prise devant la gare de Tournai le 3 décembre 2011

 

PASSE-TEMPS

La gare est un coeur qui bat

sur la voie du chemin de fer.

La gare, on peut tout y faire :

partir, revenir,

rire, ou pleurer ;

rien de compliqué.

Moi, j’y vais, j’y reste, je m’attarde..

Le temps y coule comme partout.

Dans un coin, une femme se farde.

On put bien dire que je m’en fous.

C’est la tristesse que je viens prendre,

la tristesse des gens qui voyagent.

Ils m’en donnent au passage

et je ne dois pas la leur rendre.

Quand mon coeur est plein, je m’en vasi.

Dans la ville, c’est déjà décembre.

Mon coeur, je l’ouvre dans ma chambre,

je la parfume de regrets.

Constantin BURNIAUX, Poésie 22-63, in Ca rime et ça rame, Editions Labor, Bruxelles, 1985