Skoda

Présentation de l’éditeur :

« “Et tu t’appelles comment ?” Stjepan ne sait même pas si c’est un garçon ou une fille ; ce n’est pas le moment de regarder. Cette fois, il part. Mais il réfléchit à ce problème : garçon ou fille. La voiture qu’ils ont abandonnée, ça lui revient tout à coup, c’était une Skoda. Stjepan n’est pas très certain que Skoda soit un vrai prénom, mais ça sonne comme. Et ça peut aller aussi bien pour un garçon que pour une fille. “Salut Skoda !” »

Quelque part dans un pays incertain, un jeune militaire reprend conscience, après un raid aérien, au milieu des cadavres de ses camarades d’armes. Apercevant une voiture percutée par le même obus, il détruit ses papiers, troque son uniforme contre des vêtements civils. Si les occupants du véhicule sont morts, un bébé respire encore. Sauver une vie, n’est-ce pas une manière de résister à la violence ?

 

Quel étrange petit livre, une centaine de pages seulement, dont on ne sait ni où ni quand exactement l’action se situe, mais une sorte de conte qui renferme, à lui seul, un condensé de ce qu’il y a de meilleur et de pire en l’être humain.

Le pire : la guerre et son cortège de violences et d’absurdités, les abus de pouvoir, l’innocence perdue.

Le meilleur : la solidarité, la simplicité, l’attention à l’autre, à un tout petit enfant que Stjepan recueille maladroitement d’abord, avec tendresse ensuite.

A travers trois rencontres, dans trois véhicules, Stjepan va expérimenter ce pire et ce meilleur, tandis que Skoda s’abandonne entre ses bras. Si la guerre paraît a priori une affaire masculine, les femmes ne sont pas en reste dans cette histoire : elles assurent la vie à l’arrière mais savent monter en première ligne, elles sont souvent les victimes toutes désignées de la violence.

La simplicité, la clarté de l’écriture captent l’attention dès les premières lignes : sa maîtrise laisse affleurer l’émotion mais la brièveté du livre est un peu frustrante, je n’ai pas vraiment eu le temps de m’attacher à Stjepan.

La fin ne laisse aucune illusion mais un léger espoir que la vie l’emporte malgré tout…

La musique à écouter : Stabat Mater de Zoltan Kodaly

L’avis de A propos de livres,de Krol, ceux de Clara, et de Aifelle, et aussi Antigone

Olivier SILLIG, Skoda, Buchet-Chastel, 2011

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Un livre pour le    Un Prénom pour le laurier-couronne-fdb39 et un livre européen (Suisse)