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Quatrième de couverture :

Jiselle, la trentaine et toujours célibataire, croit vivre un véritable conte de fées lorsque Mark Dorn, un superbe pilote, veuf et père de trois enfants, la demande en mariage. Sa proposition paraît tellement inespérée qu’elle accepte aussitôt, abandonnant sa vie d’hôtesse de l’air pour celle, plus paisible croit-elle, de femme au foyer. C’est compter sans les absences répétées de Mark, les perpétuelles récriminations des enfants et la mystérieuse épidémie qui frappe les États-Unis, leur donnant des allures de pays en guerre. L’existence de Jiselle prend alors un tour dramatique…

Pfiou… j’ai commencé « doucettement » ce roman jeudi soir et vendredi soir je l’ai repris et me suis vue tourner et tourner les pages, le livre a été dévoré en quelques heures à peine. Autant dire que voilà une superbe entrée dans l’univers de Laura Kasischke, que je ne connaissais pas encore…

Ca se lit très vite, parce que son style est « simple », fluide, les mots coulent sans effort et bien sûr, elle a l’art de nous teir en haleine. Et pourtant, franchement, dans les 80 premières pages, je me demandais ce qui allait arriver : je me serais bien demandé si je n’entrerais pas dans le livre pour flanquer une bonne paire de claques à Jiselle, pour lui ouvrir les yeux, à sa mère, pour l’adoucir un peu ou aux adolescentes féroces, pour les assagir. (Vous remarquerez que je ne voulais pas gifler le beau commandant Dorn… normal, il n’était jamais là !) Et donc, ensuite, le livre se déroule se déroule, les pages se tournent toutes seules… et au bout du compte il ne s’est rien passé. Ou si peu. Car tout l’art de Laura Kasischke, c’est de distiller des bribes d’informations sur l’état du monde et des Etats-Unis, un peu comme dans ces communications téléphoniques entre Mark et Jiselle, où il y a de la friture sur la ligne, où les phrases restent inachevées, et où ça finit par couper. A ce titre, le mariage de Mark et Jizelle, où tout finit par se déglinguer, est une belle métaphore annonciatrice d l’à-venir. La force de Laura Kasischke, c’est de souffler le chaud et le froid, de glisser de temps en temps une nouvelle rassurante qui fait croire que tout va bientôt rentrer dans l’ordre. Mais cela ne dure jamais très longtemps et la situation mystérieuse se dégrade encore plus.

Ce qui est étonnant, voire bluffant, c’est la manière dont Jiselle et les enfants s’adaptent à cette « apocalypse ». Sans doute son passé d’hôtesse de l’air lui permet-elle de garder la maîtrise d’elle-même, de savoir rassurer les gens qui l’entourent. Mais la vraie question posée par l’auteur, c’est sans doute celle de la manière dont l’être humain vit cette sorte de retour en arrière, sans électricité, sans carburant, sans contact avec l’extérieur, quelles valeurs il met en jeu dans cette situation extrême.

Il y a aussi la critique contre les Etats-Unis, un pays ostracisé par tous les autres, et notamment l’Europe. Mais finalement on peut se demander si la quarantaine décrétée en Allemagne est vraie, puisque la relation entre Mark et Jiselle n’est pour le moins pas transparente. Et c’est ainsi que Laura Kasischke, qui sait, elle, si c’est vrai, garde le contrôle absolu sur ses personnages et sur les événements, sur leur déroulement, leur rythme, jusqu’à la scène finale que j’ai trouvée particulièrement réussie.

Laura KASISCHKE, En un monde parfait, traduit de l’américain par Eric Chedaille, Christian Bourgois, 2010 (et Le Livre de Poche, 2011)

La musique à écouter : Requiem for a dream

Je voudrais souligner un détail important : j’aime particulièrement la taille de caractères, l’inter-lignage très agréables de l’édition du Livre de poche.

Et vous avez remarqué ? Ca fait deux livres en suivant dans l’univers de la Science-Fiction. Qu’on se le dise, ce n’est pas fini, vous en verrez encore sur ce blog, ainsi que madame Kasischke…

L’avis de Cachou, qui a su me transmettre, finalement, son enthousiasme, et celui de Kathel, qui a adoré aussi.

Un livre qui illustre le mot MONDE pour la session 5 du challenge de Calypso

  et aussi l’Etat du Michigan pour 50 états

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