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Présentation de l’éditeur :

À sept ans, Edouard écrit son premier poème. Trois rimes pauvres qui vont le porter aux nues et faire de lui l’écrivain de la famille. Mais à neuf, il découvre le sens de « déchéance ». Les mots ne lui viennent plus.
Les années passent. Il assiste à la lente décomposition de sa famille et court toujours derrière l’amour que son poème, autrefois, suscita. Il écrit, écrit mais le destin que les autres vous choisissent n’est jamais tout à fait le bon. (…)

C’est encore une fois grâce à la librairie Tirloy que j’ai fait la connaissance de Grégoire Delacourt. Il était invité avec Lucien Suel le 2 février dernier : ils étaient présentés comme deux écrivains régionaux du Nord-Pas de Calais ayant une notoriété nationale, et ils présentaient tous deux leur dernier roman ; autre point commun, ce dernier opus est un portrait de femme chez l’un comme chez l’autre. J’ai commencé par lire L’écrivain de la famille car je me suis laissé séduire aussi par ce premier roman (comme me l’a dit Grégoire Delacourt : « Vous avez en mains mes oeuvres complètes, vous vous rendez compte ! »)

L’auteur nous a raconté l’amitié qui le lie à Jean-Louis Fournier, qui a donné un fameux coup de pouce à son manuscrit (eh oui, ça existe encore aujourd’hui, malgré le marketing qui règne aussi en maître dans le monde de l’édition) ; il fait des liens avec Fournier en expliquant son désir de parler avec légèreté et humour de choses graves, mais finalement, après les sourires des premières pages, cet enfant projeté aux nues par sa famille, ses années de pension, c’est le sentiment de nostalgie que je garderai de cette lecture.

Nostalgie aussi de la balade dans les années 70, d’abord, embrumées de la fumée des cigarettes, un temps qui paraît bien lointain où la consommation se développait joyeusement, sans aucune mention du genre « Fumer tue » ou « Pour votre santé, attention à l’abus d’alcool ».

Et puis surtout, cet homme qui raconte son histoire essaye vainement de retrouver le paradis perdu de l’enfance, la grâce des premières années où la vie familiale était harmonieuse, quand le frère handicapé mental vivait heureux avec eux, quand sa soeur Claire avait le coeur heureux. Quand sa mère était la belle Amante et que son père parlait encore.

Edouard rate sa vie sentimentale, son mariage, il est petit à petit privé de sa paternité, ses parents vieillissent, et à part dans le monde de la pub, où il excelle, sa vie est loin d’être rose. Et je me suis sentie à l’unisson de sa mélancolie… non que ma vie soit aussi difficile que la sienne, mais parce que je me suis laissée emporter dans son histoire.

L’élément déclencheur de l’achat de ce livre a été cette phrase, relevée en feuilletant les premières pages : « Ecrire guérit. » Et la dédicace de Grégoire Delacourt est bien à l’image du livre et de son auteur : l’élégance des mots révèle l’élégance du coeur.

« J’essayais de ne pas penser à ce qui aurait dû être. Monique à Paris. L’enfance qui manque parce qu’on n’en profite jamais assez. » (p. 119)

« Quand on est très petit, la longueur des bras permet juste d’atteindre le coeur de ceux qui nous embrassent. Quand on est grand, de les maintenir à distance. » (p. 140)

Grégoire DELACOURT, L’écrivain de la famille, Editions JC Lattès, 2011

Le site de l’auteur

L’avis de Clara

Un Premier roman qui illustre aussi un Métier

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