Étiquettes

Le cherche-bonheur

Quatrième de couverture :

Pour John et Ella, soixante ans de mariage au compteur, c’est l’heure de la grande évasion ! Bravant l’interdit familial et médical, ils quittent Detroit à bord de leur camping-car, direction la Californie, via la mythique route 66. L’un a la mémoire qui flanche, l’autre le corps en déroute, mais il n’est jamais trop tard pour partir à la conquête de son bonheur !

Merci, Aifelle, de m’avoir chaudement encouragée à lire CE titre pour le challenge de Calypso !

Que dire de ce roman !! D’abord l’aventure invraisemblable dans laquelle John et Ella s’embarquent à bord de lur camping car, le Cherche bonheur, une aventure qui va leur faire traverser toute l’Amériqu ou presque de Detroit à Santa Monica, sur la fameuse Route 66, une route mythique qui tombe en décrépitude, un peu comme eux d’ailleurs : lui ne sait plus quel jour de la semaine on est, il n’est plus très sûr de connaître le prénom de sa femme, elle est rongée par le cancer et les infirmités. Cette route, ils l’ont epruntée de nombreuses fois, quand ils étaient jeunes mariés, jeunes parents. Cette fois, au grand dam de leurs enfants, ils partent pour échapper aux médecins, aux traitements trop lourds, au regard des autres, qui leur fait bien comprendre qu’ls sont vieux, moches et inutiles, et qu’ils ne doivent surtout plus prendre d’initiative personnelle.

Tout au long de leur périple, emmené par Ella, bien sûr, ls s’arrêtent dans des campings, des motels, et ils se repassent d dizaines de diapositives : souvenris de leurs vacances d’avant, de leurs enfants, Cindy et Kevin, de leurs amis disparus. Ella ne cesse de rappeler à son mari les simples gestes de la vie quotidienne, elle vérifie à tout moment les frontières de sa mémoire, tandis qu’ils passent d’état en état. Elle ne doit jamais oublier de prendre les clefs du camping car, pour être sûre que John ne reparte en l’oubliant au bord du chemin. Ils font des rencontres aussi, certaines plus dangereuses que les autres, ils éprouvent les limites de leur fatigue, de leur fragilité. Mais finalement, ils se débrouillent « comme des chefs ».

Tout cela ne serait pas possible sans le courage, l’audace et l’humour dévastateur d’Ella. Elle n’hésite pas à traiter son mari de « vieux con sénile » mais elle sait aussi rire de ses propres misères. En réalité, ce sont des gens bons et bienveillants, John et Ella, leur amour, leur tendresse mutuelle, qui a surnagé au milieu de la déroute physique, est vraiment touchant. La gravité se fait sentir au fur et à mesure qu’ils atteignent la fin du voyage, mais c’est le sentiment de vie, d’accomplissement, de plénitude, qui domine finalement.

Ce fut un bonheur de traverser les Etats-Unis en compagnie d’Ella et John, dans ce road-movie atypique !

« John se tourne vers moi et dit :

– Je trouve que tu es belle.

Je regarde mon mari, il ne m’a plus adressé de tels compliments depuis des lustres. Quand je pense combien je les appelais de mes voeux, combien j’étais prête à les croire et à quel point ils m’empêchaient de rentrer sous terre quand je passais devant un miroir.

– Tu me racontes des bobards.

– Oui, mais je trouve quand même que tu es belle.

Maudit bonhomme. Comment ose-t-il m’aimer encore après tout ce temps ? » (p. 115)

« Je ne sais pas où il a été élevé, celui-là. Dans le genre, il est gratiné : le chapeau de pêche douteux, sur le front un grain debeauté saillant comme un portemanteau, il tire une tête qui laisse croire que ça fait douze ans qu’il sniffe du munster. » (p. 118)

«  »John ne m’a plus appelée El depuis des années. Ce sont les choses que la maladie me dérobe, une par une, les petites familiarités, ces détails qui créent l’intimité. Ce sont aussi celles que ce voyage fait réapparaître à la surface. C’est bien. » (p. 134)

A écouter en lisant : ah je ne suis pas assez cultivée en chanson américaine, mais une bonne vieille chanson d’Eddy Mitchell ferait l’affaire !

Michael ZADOORIAN, Le Cherche bonheur, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-Frnançois Merle, Fleuve noir, 2010 (et 10/18, en 2011)

Ce livre entre dans la session 6 du challenge de Calypso, avec le mot « Bonheur » et comme il traverse les Etats-Unis, j’ai bien envie de demander s’il peut être pris en bonus dans le challenge de Sofynet !

50 états