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Présentation de l’éditeur :

En voyage professionnel au Brésil, Samuel meurt subitement dans le taxi qui le conduit à l’aéroport où il devait prendre l’avion pour Paris et retrouver sa compagne. À travers le récit de cette dernière, le lecteur est confronté à la poignante épreuve de la perte d’un être cher, depuis le coup de téléphone fortuit qui fait basculer la vie, jusqu’à la lente reconstruction de soi pour redevenir «le plus vivante possible». Ainsi prostrée dans la douleur, comme absente d’elle-même, la narratrice tente, sans démonstration excessive, mais comme une dernière tentative pour cerner l’inacceptable, d’approcher le corps dans sa composition anatomique et organique. Dans une langue d’une bouleversante sobriété, Lise Benincà raconte le retour à l’existence et au sentiment rassurant de faire partie d’un mouvement où les oiseaux partent en hiver et reviennent toujours au printemps.

Bon, la quatrième de couverture en dit beaucoup… mais j’ai été touchée par ce personnage de la narratrice (qui, curieusement, n’est jamais nommée – se serait-elle effacée en partie dans la mort de son compagnon ?) J’ai trouvé ce roman très « juste » dans sa manière de raconter le deuil et sa fulgurance, le chagrin, la prostration mais aussi la vie de tous les jours « après », la vie qui se réanime peu à peu, les sens qui se réveillent, les mots qui reprennent sens, le coeur qui se relie à nouveau aux autres et cherche la lumière.

Etonnant et inattendu, ce contraste entre les moments vécus face à la mort et les paragraphes consacrés au traité d’histologie que la narratrice est en train de traduire. Délicat, le contraste entre elle et sa belle-soeur, Flavie, personnage à la fois solaire et fragile.

J’ai aimé aussi l’écriture tendue et parfois obsessionnelle de ce court roman de 120 pages, format qui pour une fois, ne m’a pas laissée sur ma faim, mais m’a donné envie de découvrir le beau titre du premier roman de Lise Beninca, Balayer fermer partir.

A écouter en lisant : le deuxième mouvement du Concerto pour piano n° 2 de Chostacovitch (c’est la nostalgie déchirante absolue pour moi, cet extrait)

L’avis de Antigone et de L’or des chambres

Lise BENINCA, Les oiseaux de paradis, Editions Joëlle Losfeld, 2011

Un livre de la Rentrée littéraire 2011, et un animal pour les challenges de Sharon et Enna

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