Mitsuba

Quatrième de couverture :

Quand la compagnie d’import-export Goshima de Tokyo se propose d’affecter Takashi Aoki à sa succursale de Paris, ce jeune employé prometteur se trouve à un point tournant de sa vie puisqu’il vient de rencontrer enfin la femme avec qui il souhaite fonder une famille, Yûko Tanase. Mais il sait aussi que les lois silencieuses et impitoyables de sa société, à l’intransigeance impériale, peuvent écraser d’un doigt les relations humaines des êtres qui ne font pas partie des puissants. Qu’adviendra-t-il alors de la promesse des amoureux, faite au café Mitsuba ?

Mitsuba, c’est le nom du café où se sont rencontrés Takashi et Yüko, c’est aussi un mot japonais qui signifie « trois feuilles » (comme « shamrock » en anglais) et donc « promesse ».

Dans ce roman, premier d’un nouveau cycle romanesque (dont Zakuro et Tonbo sont déjà parus depuis), nous sommes dans le monde de l’entreprise et du commerce, à l’heure de la conquête économique du Japon. Toutes les images « extérieures » apprises sur ce pays sont bien présentes : le dévouement de chaque employé à sa société, et par là-même, sa contribution au développement du Japon, l’effacement de l’individu au bénéfice de la collectivité. Takashi, employé par la Goshima comme son père avant lui, est lié à cette société et veut lui rester loyal, mais cet idéal risque de troubler son désir amoureux. Autour de lui, son ami Nobu se rebelle contre ce principe de dévouement exclusif à un travail et à des supérieurs qui ne tiennent pas compte des aspirations individuelles. Et Yüko, la femme qu’il aime, se montre elle-même étonnamment moderne en refusant d’épouser un homme d’abord marié à sa compagnie. Elle est oiginaire de Kobe : « Nous sommes vivantes et créatives ! Il y a beaucoup d’artistes et de femmes d’affaires à Kobe. » (p. 71)

J’ai retrouvé ici l’univers raffiné et tout en retenue d’Aki Shimazaki, découvert avec Le poids des secrets. Si j’ai été un peu surprise par le milieu dans lequel allait se dérouler le roman, j’ai ensuite été très vite sous le charme de l’histoire d’amour entre Takashi et Yûko, par leur désir de s’affranchir des convenances tout en respectant les traditions.

J’ai été touchée aussi par cette ambivalence entre le désir et la fierté de partir à l’étranger et la crainte de ne plus être vraiment Japonais si l’on s’expatrie.

Ce sera donc avec plaisir que je lirai bientôt les deux livres suivants ! Admirons encore une fois la fraîcheur de la couverture !

Aki SHIMAZAKI, Mitsuba, Actes Sud, 2006

Nous ne nous étions pas concertées du tout, mais Emmyne vient de publier un billet sur ce livre, ma deuxième  et dernière participation aux dix jours japonais de Choco.

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