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Meurtriers sans visage

Quatrième de couverture :

En pleine campagne suédoise, dans une ferme isolée, un couple de paysans retraités est torturé et sauvagement assassiné. Avant de mourir, la vieille femme a juste le temps de murmurer un mot :  » étranger « .

Il n’en faut pas plus pour qu’une vague de violence et d’attentats se déclenche contre les demandeurs d’asile d’un camp de réfugiés de la région. Les médias s’emparent du fait divers et lui donnent une résonance nationale. La pression augmente sur les épaules de l’inspecteur Wallander, chargé de mener l’enquête. Il va devoir agir vite, avec sang froid et détermination, et sans tomber dans le piège de la xénophobie ambiante qui brouille les pistes…

Cela faisait un certain temps que j’avais envie de faire connaissance avec Kurt Wallander. Ce livre était dans la PAL depuis quelques mois, et comme je viens de recevoir le dernier Wallander dans le cadre du jury Meilleur Polar Points, il fallait absolument découvrir ce personnage en commençant par le début. Je n’aurai pas le temps de tout lire dans l’ordre avant L’homme inquiet, mais j’essayerai d’en lire encore au moins un avant ce dernier titre.

Autant l’avouer tout de suite, je ne suis pas encore complètement séduite par Kurt Wallander. Mais je n’ai pas envie non plus de lui claquer la porte au nez (ça vaut mieux, si je veux tenir dignement mon rôle de juré…) C’est sans doute compréhensible parce que c’est un vrai anti-héros ? Peut-être mon léger manque d’enthousiasme est-il dû aux petites longueurs qui caractérisent les ennuis du commissaire : sa femme qui l’a quitté, sa fille qui vit sa vie loin de lui, son père qui perd la tête et qui peint sans cesse le même tableau bizarre… Ce qui m’a touchée, chez lui, c’est son humanité, sa capacité à se laisser blesser, à ne pas s’habituer aux morts violentes, à predre des risques, à ne pas se résigner aux impasses apparentes dans lesquelles son enquête piétine. Ici, les meurtres touchent aux peurs et aux lâchetés de la population face aux étrangers autant dire que, si l’épisode date de 1990, il est encore pleinement d’actualité !

J’ai bien aimé aussi l’esprit de solidarité qui règne dans l’équipe de Wallander, une solidarité presque sans mots. On est dans un univers très masculin dans ce premier épisode ! Et comme l’un des collègues de Kurt n’est pas en grande forme à la fin du livre, je peux craindre que la mélancolie du commissaire s’aggrave encore au prochain numéro !

J’ai été surprise de la place des médias dans une enquête policière en Suède et de la facilité avec laquelle les rapports humains s’établissent : le tutoiement est de rigueur en toutes circonstances, ou presque.

Jusqu’à présent, j’ai nettement préféré Les chaussures italiennes, mais j’ai comme l’idée que Wallander va réussir à faire entrer sa petite musque dans ma tête de lectrice. D’ailleurs, cet homme a une qualité qui m’a frappée d’emblée (ciel, j’allais oublier d’en parler) : il aime l’opéra ! Il ne peut donc être tout à fait mauvais…

Henning MANKELL, Meurtriers sans visage, traduit du suédois par Philippe Bouquet, Points, 2004

Les avis d’Aifelle et Aproposdelivres

Un livre suédois, donc europén – mon premier titre du challenge Scandinavie noire ! – avec une partie du corps humain dans le titre…

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