ts

Cette semaine,toute la Belgique mélomane vibre à l’occasion des finales du CMIREB (acronyme barbare expliqué par le titre de cet article). Le Concours, un des plus fameux concours musicaux internationaux a 75 ans cette année et la session 2012 est consacrée au violon, comme l’année de sa fondation, en 1937. A l’époque, il s’appelait le Concours Eugène Ysaye, du nom d’un violoniste et compositeur belge, ami de la Reine Elisabeth (l’épouse du Roi Albert, une reine qui a vécu longtemps, chérie des Belges, notamment pour son rôle lors de la guerre 14-18, aux côtés du Roi Albert, et elle-même violoniste et amie des arts). C’est David Oistrakh qui a remporté le premier prix en 1937. L’année suivante a été consacrée au piano, ensuite le concours a été stoppé à cause de la guerre 39-45 ; en 1951, il a redémarré sous le nom cette fois de la Reine Elisabeth (Eugène Ysaye étant décédé entre temps).

C’est un concours réputé long et exigeant, où les jeunes artistes (pianistes, violonistes, et depuis une vingtaine d’années chanteurs lyriques) doivent montrer une multitude de facettes du répertoire, du classicisme au contemporain, jouer seuls ou avec orchestre, Cette année, ils étaient 88 à être admis aux épreuves éliminatoires, début mai. 24 sont admis en demi-finales, pendant lesquelles chacun joue une partie « récital » et un concerto de Mozart avec orchestre. Au terme de cette semaine, le 19 mai, le président du jury (constitué de grands musiciens comme Pierre Amoyal, Augustin Dumay, Vadim Repin pour n’en citer que quelques-uns) annonce les noms des 12 finalistes. Ceux-ci entrent alors deux par deux  « en loge » à la Chapelle musicale Reine Eisabeth, à Argenteuil, dans un écrin de verdure de la banlieue bruxelloise. Pendant la semaine qui précède leur prestation finale, ils sont coupés du monde (pas de téléphone ni d’ordinateur) mais chouchoutés par la maîtresse de maison et un bel environnement (quand même !) ; ils apprennent alors un concerto inédit, une oeuvre contemporaine créée tout spécialement pour le concours (et choisie également sur concours de composition).

Lors de la finale, ils interprètent une sonate pour violon et piano, le concerto imposé et un concerto de leur choix. Cette année, le Concerto de Sibelius et le n°1 de Paganini seront joués plusieurs fois ! Ces soirées de finale se déroulent au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (un superbe bâtiment construit par Horta !) dans une ambiance qui deviendra progressivement électrique, jusqu’au samedi soir où, après la prestation des deux derniers finalistes, le public attend avec impatience la proclamation des résultats (très) tard dans la soirée. Les hourras et les sifflets retentissent selon que le public est d’accord ou non avec les résultats !

Voici les douze finalistes 2012 :

Ce qui est évidemment recherché, apprécié, tant par les critiques que par le public, c’est non seulement la technique, la virtuosité, mais la musicalité, la sensibilité, la personnalité musicale des candidats. Ce mercredi soir, nous entendrons notamment LE Belge qui a atteint la finale !! Il s’appelle Marc Bouchkov, il a 21 ans (il est beau… ce qui ne ga^te rien)  et il jouera la sonate pour piano et violon n° 7 de Beethoven, le Concerto pour violon et orchestre de Sakai Kenji et le Concerto pour violon et orchestre en ré mineur de Sibelius.

Pour tout savoir de l »histoire et des modalités du concours, allez faire un tour sur son site.

Si vous voulez écouter ou réécouter les candidats de la demi-finale ou les lauréats en finale, vous pouvez vous rendre sur le site de Musiq3. C’est d’ailleurs ce que je ferai pour la soirée de ce soir car je ne peux l’écouter en direct !

Et que vive la musique !