Un refrain sur les murs

Quatrième de couverture :

Austère, engoncée dans son morne quotidien de professeur de sciences physiques, Isabelle confie ses enfants à son ex-mari pour les grandes vacances. Seule, sans la moindre activité en vue, elle est terrorisée par la perspective de l?été. Jusqu?à ce que quelques notes flottant dans l?atmosphère retiennent son attention. C?est un musicien de rue au charme troublant qui l?aborde et lui propose un marché : réaliser de menus travaux dans son appartement, en échange d?un hébergement durant tout le mois d?août. Isabelle la timorée se surprend à faire entrer dans sa vie ce complet inconnu qui va bousculer ses habitudes, ses inhibitions, ses préjugés, et, à sa manière, modifier le cours de son existence. Trente ans plus tard, en revisitant sa chambre d?enfant, sa fille, Romane, se remémore la femme ennuyeuse, fade et rigide qu?était Isabelle. Mais un indice pourrait bien ébranler ses certitudes. Un indice qui va bouleverser sa vie. Sous les dehors d?un conte de la vie ordinaire, Murielle Magellan raconte l?étonnante renaissance de deux femmes blessées. Dans ce roman à deux voix en forme de portraits croisés, elle décrit ces minuscules déclics intérieurs, ces événements infimes qui peuvent faire bifurquer une vie. Drôle, inventive, toujours bienveillante, Murielle Magellan a l?art de ré-enchanter la monotonie du quotidien au gré de petits miracles qu?elle fait surgir au coin de la rue.

 

Bon, je vous le dis tout de suite, cette fois, j’ai laissé la quatrième de couverture en entier pour garantir une présentation cohérente de ce roman : je l’ai lu fin juin, il m’a plu mais il y a un certain temps qu’il est retourné à la bibliothèque, il s’est passé beaucoup de choses depuis et mes souvenirs se sont un peu envolés… Je vous livre donc quelques impressions un peu décousues…

Ce qui m’a vraiment plu dans ce roman, dès le début, c’est la musique de son écriture qui colle au plus près des émotions de ses personnages : enfermement intérieur, raideur, colère, chagrin incoercible, éveil timide ou vannes qui lâchent, et j’en oublie, toute cette palette de sentiments, d’états intérieurs est peinte avec beaucoup de sensibilité et d’acuité par Murielle Magellan.

L’histoire de cette mère et de cette fille qui se rejoignent « a posteriori » à trente ans de distance, c’est comme si quelqu’un décidait justement de détapisser une chambre très ancienne. Pour Isabelle, c’est So What qui va décoller les couches de papier peint qui ont étouffé son coeur, car cette femme s’est toujours coupée de ses émotions ; il travaille tantôt avec délicatesse, tantôt avec énergie, pour l’éveiller, la révéler à elle-même. C’est Romane elle-même qui arrache le papier peint sous lequel elle étouffe elle-même, cette frise d’angelots sur fond orange qui ravivent le feu qui la brûle.

Il y a de la violence dans ce récit : Murielle Magellan ne craint pas de malmener ses personnages, de les laisser éclater, se débattre derrière leurs murs intimes, réagir dans la démesure… Quant à So What, qui semble le plus équilibré malgré sa vie incertaine, il n’est forcément pas si lisse qu’il le paraît, mais j’aurais aimé en savoir un peu plus sur lui.

Un roman assez original pour que j’aie cédé à sa petite musique tout en me permettant de me reconnaître un peu en Isabelle… Voilà tout ce que je peux vous en dire aujourd’hui…

Murielle MAGELLAN, Un refrain sur les murs, Julliard, 2011

Pour vous faire une meilleure idée : les avis de Noukette, Choco, MangoFransoaz, Brize, Chiffonnette, Mirontaine, Leiloona, LilibaClara, Leiloona …

Un roman Biblioth_que_et_LAL  qui entre tout naturellement dans le challenge