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Se dévaster pour enfin renaître

toutes ces histoires à l’aune desquelles j’ai existé

toutes ces histoires à vivre d’autres vies

sentir d’autres mains

s’unir solitaire, tromper la solitude

silence peuplé d’absence

tant de femmes, d’enfants

d’animaux

des hommes aussi, âgés souvent

j’ai aimé, tant aimé

tout s’arrête, commence, vole en éclats

assez pour éclairer la nuit

assez pour la croire aurore quand s’endort le crépuscule

le souvenir n’a pas d’odeur

à peine une image

les larmes ça rend flou, forcément

j’ai tant aimé ces chiens, ces chats, ces vaches

et ces ânes

je les ai retrouvés si souvent

toujours ils m’attendaient

toujours ils m’apaisaient

et Mademoiselle Multiple

si folle à nos débuts, si amère à son départ

son dos à nouveau s’éloigne, et moi qui la regarde

les bras vides d’elle

et soudain disparaît

et laisse au vent le soin d’expirer

tant d’amour

tant que j’en suis tombé

de si haut

et combien encor

les yeux peinent à suivre ce coeur qui bat,

se bat, me bat parfois

mais toujours m’accompagne

alors je l’aime

et je vis.

Jean-François SPRICIGO, toujours l’aurore, les éditions les pierres, 2012

Jean-François Spricigo est un jeune photographe d’origine tournaisienne. Il a déjà exposé plusieurs fois à Bruxelles, Paris, Los Angeles, Varsovie. Il a maintenant btenu la reconnaissance en étant exposé en permanence au Musée de la photographie de Charleroi. Il s’intéresse aussi à la poésie, au théâtre, au cinéma… Cette année, il est lauréat de la Casa Velasquez et vit donc en résidence d’artiste à Madrid.

Il expose actuellement, et jusqu’au 15 novembre, en l’église Saint-Maurice à Lille (près de la gare Lille-Flandres) une série de dix photos sous le titre Corpus scripti (d’après le titre d’un livre de Marcel Moreau). Les deux photos ci-dessus en font partie.

Le site de l’artiste vaut la peine d’être visité !