Quatrième de couverture :

Objectifs inatteignables, management à la menace, restructurations et mises au placard… Personne ne connaît ça mieux que moi. Vincent Fournier, salarié d’un centre d’appels au bout du rouleau, m’a tout raconté avant que je ne mette fin à ses souffrances. C’est mon boulot, je suis médecin du travail. Écouter, rassurer, alerter la direction. Et soigner. Avec le traitement approprié, quel qu’il soit.

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Si vous aimez les romans hyper réalistes, si vous avez envie d’être secoués au rythme des crises cyclothymiques de Carole Matthieu, médecin du travail, dépressive mais néanmoins bourrée de tranquillisants et autres substances anxiolytiques qui lui font entrevoir clairement LA solution aux problèmes des salariés dont elle a la charge, ce livre est pour vous.

Dès le début, un meurtre est perpétré, on en connaît l’auteur, puisque c’est le narrateur de ce roman, le tout sera de savoir combien de temps le meurtrier va tenir jusqu’à ce que le lieutenant Revel arrête le criminel, et de découvrir en sus comment le dit criminel va tenter de tordre la situation à son avantage, en démontrant que c’est la faute à tout le monde dans ce centre d’appel et dans cette société de m… (pardon, je suis vulgaire, mais c’est elle qui a commencé) et que sa main à lui n’est finalement que le bras d’une justice pure (et dure, très dure)…

Vous l’aurez compris, personnellement ce roman ne m’a pas plu outre mesure, et pourtant la thématique de l’engrenage infernal des exigences économiques et financières des « hiérarchies » tout aussi impersonnelles que les « ressources humaines » qu’elles pressent comme de pauvres citrons vidés de toute substance, de la souffrance au travail, des suicides et abus de pouvoir dans les entreprises qui ont secoué et secouent encore l’opinion publique, ces thèmes, donc, sont loin de me laisser indifférente. Mais pour une fois, à un roman hyper-réaliste, je préfère un bon documentaire télé et de vrais témoignages de personnes bien réelles, cela ne m’intéresse absolument pas de savoir combien de fois Carole Matthieu se change pendant ses règles ni quelle est la couleur des pilules qu’elle régurgite pendant ses  vraies fausses tentatives de suicide. Dommage, cet aspect du roman et son côté répétitif ont fini par occulter chez moi la vigueur de son rythme et la réalité des travailleurs en souffrance.

J’ai conscience d’être une voix un peu discordante sur ce coup-là, mais tant pis. Je me demande même si je suis encore un bon public pour les polars finalement…

L’avis d’Aifelle

Marin LEDUN, Les visages écrasés, Editions du Seuil, 2011

(catégorie Partie du corps)