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Quatrième de couverture :

« J’ai perdu ma mère. Elle a disparu il y a plus de dix ans. Ma mère est morte, je le sais. Mais, lorsque j’y pense, je ne ressens aucun chagrin, pas la moindre émotion. »

Dans son quatorzième roman, Nathalie Rheims laisse apparaître, pour la première fois, la figure de la mère. Une femme se souvient, des années plus tard, du jour où, quand elle était adolescente, sa mère l’a abandonnée. Sa croyance en un amour maternel absolu, irrévocable, était-elle une illusion ?
Avec une lucidité intransigeante, Laisser les cendres s’envoler livre les secrets d’une relation brisée, les non-dits d’une famille singulière, les troubles enfouis qui, pour être démêlés, requièrent souvent une vie entière. Mêlant émotion et férocité, ironie et tendresse, Nathalie Rheims dévoile ses vérités les plus intimes, et invite le lecteur à venir à sa rencontre.

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J’ai choisi ce titre dans la dernière série proposée par les Agents littéraires, par curiosité, pour découvrir l’univers de Nathalie Rheims que je ne connaissais que de nom (et d’image). Eh bien, j’en suis pour mes frais ! Je ne sais franchement pas quoi dire de ce livre qualifié de roman, mais dont tout le monde apparemment sait qu’il est largement autobiographique. Par sa mère, l’auteure est apparentée aux Rotschild et s’ils ne sont jamais cités dans le livre, on peut croire à la description fidèle d’un milieu riche, opulent, fermé sur lui-même, proche des grands de ce monde, cultivant le chic et le secret, cachant toutes les aspérités derrière un masque d’apparente indifférence et de politesse classieuse.

Et donc, nous dit la quatrième de couverture, Nathalie Rheims règle ici ses comptes avec sa mère…

Qu’est-ce qui ne m’a pas plu, ou plutôt m’a tenue éloignée de ce livre ? D’abord je ne suis pas sûre d’avoir tout compris de cette relation compliquée, de cet « abandon » à l’adolescence. La construction du « roman » m’a paru décousue ; l’auteure m’a semblé contradictoire dans ses propos, disant une chose et tout aussitôt son contraire ; le propos est fort répétitif, et donc ennuyeux à la longue… Peut-être est-ce une illustration du raisonnement en spirale typique de la pensée juive, puisque Nathalie Rheims revendique clairement sa judéité… mais je n’en ai pas bien compris l’intérêt.

En fait j’ai été partagée entre plusieurs sentiments : l’ennui a dominé devant cette histoire de pauvre petite fille riche qui me semblait bien nombriliste et dont je n’ai jamais compris clairement l’ambivalence des sentiments (ni comment elle va tout à coup très très bien et sans aide après un épisode d’anorexie apparemment sévère). J’ai pourtant essayé de me dire avec honnêteté que chacun a parfaitement le droit d’exprimer ses affects, ses ressentis vis-à-vis de sa propre histoire, même si celle-ci est totalement éloignée de mon propre univers. Mais franchement, il y a une telle froideur, un tel détachement dans cette manière de raconter (à l’image de ce qu’elle reproche à sa propre famille maternelle) que l’ennui et l’agacement ont gagné, envers et contre tout. Je pense aussi que le manque de clarté du propos vient du fait que, quoi qu’elle en dise, les choses ne sont effectivement pas claires pour madame Rheims et que le roman n’était sans doute pas la meilleure manière de régler ses problèmes. Je n’ai pu m’empêcher de penser évidemment au magnifique roman de Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit, paru il y a un an, dont l’histoire familiale réussit à toucher à l’universel, tandis que la romancière avait d’abord fait un vrai travail sur elle-même et sur son histoire « maternelle » avant de livrer quelque chose de construit, de cohérent à ses lecteurs.

Conclusion : ce genre d’univers et d’auto-fiction, ce n’est pas mon truc ! (Et 19 euros, c’est bien cher pour si peu…)

Merci, toutefois, à Vincent des Agents littéraires et aux éditions Léo Scheer pour l’envoi de ce livre de la Rentrée littéraire.

Nathalie RHEIMS, Laisser les cendres s’envoler, Editions Léo Scheer, 2012

L’avis de Sharon, proche du mien, et celui beaucoup plus positif de Géraldine