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Revoici Nadège, avec un nouveau roman belge, musical aussi… Oui mais…

Réagissez donc dans les commentaires si vous le souhaitez !

Tout a commencé au début de l’été, à cette époque bénie de l’année où les rues des villes commencent à se vider, comme si, par l’effet d’une révélation soudaine, les gens venaient de comprendre que la vie qu’ils ont menée jusque-là était parfaitement absurde et que le temps était venu d’aller plus près du ciel bleu, de toucher la pure laine vierge qui pousse sur d’authentiques moutons et de marcher sur des chemins peu fréquentés sans vouloir aller plus vite que la vitesse du vent.

Jolie première phrase, n’est-ce pas ? Joli titre aussi, Les petites voix. Couverture mystérieuse (Pocket) : un piano dans lequel se dessine un visage sur un fond bleu tamponné d’une empreinte digitale. Puis, une mise en bouche intéressante (reprise sur le site de l’auteur) :

« C’est le début de l’été et la ville se vide. Une traductrice, journaliste à ses heures, accepte de faire pour un magazine le portrait détaillé de Paul Grenz, un musicien réputé mais mal connu. Disposant de peu d’informations, ignorant où il vit – et même s’il est encore vivant -, elle va être amenée à rencontrer diverses personnes l’ayant côtoyé. De témoignages en confidences, d’anecdotes en révélations, l’enquêtrice improvisée réunit à sa façon les pièces d’un puzzle apparemment paradoxal. »

Et puis, tous les avis convergent. Alors, pourquoi refuser un rendez-vous galant d’une petite heure et demi en compagnie de cet ouvrage ?

Ô que je m’en réjouissais… Ô qu’il était séduisant sous ces beaux atours mystérieux. Mais, peut-être aurait-il mieux valu en rester là ? Car une fois ouvert, force est de constater que sa conversation est bien creuse. Remplie de lieux communs, de belles phrases écrites pour la citation et bien artificielle. Le beau gosse s’écoute écrire, se pare d’un mystère que je n’ai plus envie de sonder, m’ennuie profondément et ne se rend pas compte que dans sa désespérante logorrhée il a perdu sa lectrice depuis bien longtemps.

Que vous en dire, donc ? Ce livre est tellement court et tellement vide qu’après le résumé qui vous dit quasi tout je ne pourrais pas épiloguer plus sous peine de vous dévoiler tout son contenu, c’est-à-dire rien… Je pourrais vous dire ce que je sais : que le musicien mystérieux s’appelle Paul Grenz, qu’il est du genre hyper sympathique et inclassable, que son notaire et ami, s’appelle Xavier Bonnaire, qu’il y eut trois femmes dans sa vie, que trois est d’ailleurs le chiffre qui lui colle à la peau… Je pourrais me demander « Pourquoi ? » Pourquoi ce livre ? Pourquoi comme ça ? Pourquoi, pourquoi… ? Et je pourrais répondre, comme l’un de personnages que je n’aurai pas les réponses puisque la seule réponse à un pourquoi, tout le monde le sait, c’est « parce que ». Alors, voilà, je pourrais peut-être finalement résumer ce livre ainsi : « Pourquoi ? Parce que » ? Non, mais franchement, vous êtes satisfaits, vous ? Eh bien, moi pas. Encore, si vraiment il y avait une enquête palpitante, du suspense, une envie de savoir éventuellement frustrée à la fin parce qu’il était vraiment trop fort ce type ! Mais, non… Je pense que je vais m’arrêter, sinon je risque d’écrire un billet aussi long que ce livre est bref, mais tout aussi vide de contenu !

Francis DANNEMARK, Les petites voix, Belfond, 2003 (et Pocket)