Étiquettes

, , ,

Quatrième de couverture :

En plein banquet, à Babylone, au milieu de la musique et des rires, soudain Alexandre s’écroule, terrassé par la fièvre.
Ses généraux se pressent autour de lui, redoutant la fin mais préparant la suite, se disputant déjà l’héritage – et le privilège d’emporter sa dépouille.
Des confins de l’Inde, un étrange messager se hâte vers Babylone. Et d’un temple éloigné où elle s’est réfugiée pour se cacher du monde, on tire une jeune femme de sang royal : le destin l’appelle à nouveau auprès de l’homme qui a vaincu son père…
Le devoir et l’ambition, l’amour et la fidélité, le deuil et l’errance mènent les personnages vers l’ivresse d’une dernière chevauchée.
Porté par une écriture au souffle épique, Pour seul cortège les accompagne dans cet ultime voyage qui les affranchit de l’Histoire, leur ouvrant l’infini de la légende.

——————————————————–

« A qui appartiens-tu, Alexandre ? » Cette question parcourt tout le roman de Laurent Gaudé. La réponse se cherche au long de ses 185 pages et n’est pas simple à saisir.  En tout cas, Laurent Gaudé s’est emparé du personnage d’Alexandre au moment où la maladie le surprend en pleine gloire, rassasié de conquêtes en tous genres, mais encore plein de l’appétit de la jeunesse, du feu qui coule en lui et qu’il ne peut éteindre. Il s’est surtout intéressé à ce long cortège qui se forme, emportant le corps d’Alexandre de Babylone jusqu’en Macédoine, où sa mère et son peuple d’origine pourront le pleurer. Mais voilà – et cela est une vérité historique – le corps d’Alexandre n’est jamais arrivé à destination…

Le romancier s’est intéressé aux lieutenants d’Alexandre, à ceux qui se partagent le pouvoir et l’empire, à ceux qui s’entre-déchirent pour la succession. Ceux qui ont compris que posséder le corps, c’est posséder le pouvoir… Face à ces appétits, d’étranges voix vont planer, qui appellent à la suprême liberté.

Il y avait longtemps que je n’avais lu de roman de Laurent Gaudé (je n’ai lu, bien avant le blog, que La mort du Roi Tsongor et Le soleil des Scorta, je crois…) et je dois avouer que j’ai eu un peu de mal à (presque) lâcher prise pour comprendre qui parlait et me laisser porter par les différentes voix dans les tout premiers chapitres. J’ai même failli m’ennuyer car je commençais à trouver le texte répétitif. Et puis… un déclic s’est produit au moment où « on » vole le corps d’Alexandre. La sauce a pris, le souffle épique que Laurent Gaudé a su créer m’a emportée.

Je n’ai peut-être pas tout compris de son livre, mais il faut reconnaître qu’il sait jouer avec le mythe et le mystère… Avec Alexandre le Grand, il tente d’apprivoiser la mort, il pense le pouvoir et les hommes, il chuchote à l’oreille des chevaux qui arpentent les plaines d’Asie…

Une femme accompagne les derniers compagnons d’Alexandre, Dryptéis, dont le courage et l’obstination, la fidélité et l’audace entraînent ces hommes au-delà d’eux-mêmes.

Cela dit, le genre même du roman, qui joue avec le mythe et l’épopée, m’a tenue éloignée d’une certaine forme d’empathie, le destin des héros les laisse à leur qualité de héros assez lointains… et malgré la qualité de l’écriture, marquée de profondeur et de simplicité à la fois, je ne suis pas sûre de garder un souvenir durable de cette lecture.

« ‘O Alexandre, ce qu’il m’aura été donné de vivre à tes côtés.’ L’air est doux, une caresse du monde qui lui rappelle les soirs heureux sur les terrasses de Babylone. » (p. 145)

Laurent GAUDE, Pour seul cortège, Actes Sud, 2012

L’avis de Kathel, d’Asphodèle et de Jeneen

J’ai lu ce livre dans le cadre de l’opération Les Matches de la Rentrée littéraire, de PriceMinister. Merci à Olivier, de PM, et aux éditions Actes Sud pour l’envoi de ce livre ! Et j’ai atteint 2 % du challenge de la Rentrée, en route vers le 3 %.

Il faut donner une note à ce roman, je dirais 15/20.