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Quatrième de couverture :

Un coup de fil surgi du passé, un e-mail énigmatique, qui signe peut-être le retour du plus retors des serial-killers, pré­ci­pi­tent le com­man­dant Martin Servaz dans une enquête dan­ge­reuse, la plus per­son­nelle de sa vie.

Un pro­fes­seur de civi­li­sa­tion anti­que assas­siné, un éleveur de chiens dévoré par ses ani­maux… Pourquoi la mort s’acharne-t-elle sur Marsac, petite ville uni­ver­si­taire du Sud-Ouest, et son cercle d’étudiants réu­nis­sant l’élite de la région ?
Confronté à un uni­vers ter­ri­fiant de per­ver­sité, Servaz va rou­vrir d’ancien­nes et ter­ri­bles bles­su­res et faire l’appren­tis­sage de la peur, pour lui-même comme pour les siens.

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Le Cercle est le deuxième roman de Bernard Minier, après Glacé, que je n’ai pas lu, mais il y a ici suffisamment de références à cette première enquête de Martin Servaz pour comprendre beaucoup de choses sur le lien entre le commandant Servaz et Julian Hirtmann, tueur en série, amateur de Mahler et de belles lettres. Comme Martin lui-même. Pendant ma lecture, j’ai balancé sans cesse entre « inutile de lire le premier » et « tout compte fait, ce serait quand même intéressant ? » Et encore maintenant, il n’y a que les 736 pages de l’édition de poche (en Pocket) qui me font hésiter.

Car Glacé serait une lecture de saison, cela se passe dans les Pyrénées, il fait très froid dans la montagne, il y a même une avalanche… et bien sûr, je suppose qu’on y découvre comment se sont noués les liens entre Martin Servaz et ses adjoints, Vincent Espérandieu et Samira Cheung, entre lui et la superbe gendarmette Irène Ziegler, entre lui et le tueur en série. Dans Le Cercle, point de fraîcheur, nous sommes en plein mois de juin, cela démarre sous des trombes d’eau à noyer le moral du policier le plus endurci, et cela continue entre canicule et menaces orageuses. L’ambiance est lourde elle aussi, puisqu’un meurtrier apparemment très pervers a assassiné une jeune femme, prof dans un lycée de khâgne prestigieux du Sud-Ouest, et que des indices relevés sur place et dans les environs semblent démontrer la présence dans le secteur de Julian Hirtmann, le serial killer auquel Martin a été confronté dans sa première enquête. Pour le moment, le coupable désigné est un jeune homme, Hugo Bokhanowski, élève dans le même lycée de Marsac que la fille de Servaz et que le commandant lui-même…

Et nous voilà entraînés dans ce suspense extrêmement bien mené, où l’auteur nous balade d’un personnage à l’autre, d’un morceau du puzzle à l’autre, en gardant la maîtrise absolue de son intrigue par cette multiplication de points de vue, mais en ne nous prenant jamais pour des grues incapables de réfléchir. Il réussit même, grâce à la scène inaugurale et à quelques intermèdes récurrents, à nous faire croire (mais on ne le comprend qu’à la fin…) que nous, lecteurs, avons une longueur d’avance sur Martin Servaz… et surtout Bernard Minier nous appâte, en laissant augurer d’un troisième roman (au moins !)

J’ai beaucoup aimé ce personnage de Martin, policier au passé lourd de culpabilité, de blessures mal cicatrisées, et surtout un homme très littéraire, presque poétique, capable de réciter du Camus par coeur, de reconnaître un morceau de Gustav Mahler sans hésiter, un homme complètement en décalage, donc, avec ses collègues qui s’intéressent davantage à la Coupe du Monde de foot. Car, oui, je ne l’ai pas signalé, le mois de juin dont il est question, c’est juin 2010, quand l’équipe de France est en train de se ridiculiser en Afrique du Sud… (une raison de plus pour rendre l’ambiance électrique !)

Si Martin Servaz est très intéressant, les personnages secondaires sont très bien traités aussi, notamment Samira et Irène côté enquêteurs et personnages féminins, Elvis Elmaz, un presque suspect particulièrement… indigeste, sans oublier la fille de Martin, l’originale Margaux. Et puis, on découvre ce Cercle, les personnes qui le composent, et les pièces se mettent en place petit à petit…

J’ai bien aimé aussi les petits coups de griffe de l’auteur contre le système, que ce soit du côté de l’appareil judiciaire ou du monde politique. C’est un monde très noir dans lequel évoluent les personnages de Bernard Minier, et il n’y a pas que les tueurs en série et les criminels violents qui lui donnent cette teinte désespérée…

Pour conclure, j’ai adoré me laisser mener par le bout du nez dans cette région du Sud-Ouest un peu imaginaire, me laisser manipuler par l’auteur (eh oui, Monsieur Minier, vous l’êtes aussi, manipulateur, avouez-le), me faire des images mentales très précises grâce à son art de la description, son savant dosage entre calme avant la tempête et accélération de l’action, son art de distiller l’angoisse (mais pas trop, je détesterais un polar trop sanglant et trop terrifiant), j’ai trouvé Martin Servaz très attachant dans son intelligence et ses fragilités et… j’en redemanderai volontiers ! Je suis partante pour un troisième numéro !

A écouter en lisant : cela va de soi, une symphonie de Mahler (la 3e, la 4e et la 6e sont citées dans le roman.)

Un très, très grand merci à Stéphanie, des éditions XO, pour m’avoir proposé et envoyé ce livre !

Bernard MINIER, Le Cercle, XO éditions, 2012

Le site de l’auteur

Un livre que j’inscris au challenge Thrillers et polars de Liliba et au Petit Bac, catégorie Objet (mon dico me précise qu’un cercle n’est pas seulement une forme géométrique mais un objet de forme circulaire…)

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