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Quatrième de couverture :

Bruxelles, les années 1970. Coincé entre l’affection de ses parents et le confort un peu étouffant de sa relation avec sa petite amie, Vincent, étudiant en sociologie, ne fréquente que Nedad, un Yougoslave solitaire qui se destine à la sculpture. Mais voilà qu’il rencontre Suzanne, une jeune femme libérée… Lorsqu’il découvre à quel point elle se joue de lui, il la quitte et s’éloigne de Nedad, en qui il a découvert un rival. Une dizaine d’années plus tard, le sculpteur et la séductrice font un retour saisissant dans la vie de Vincent. Assistant en coulisses au dénouement d’un drame passionnel, il va se découvrir plus fragile qu’il ne croyait…

Variation amère mais teintée d’humour sur la peur d’aimer, ce roman mêle avec ironie les grandes idées et les petits riens d’une génération désorientée.

J’ai vraiment beaucoup, beaucoup aimé ce premier roman à la couverture si raffinée et au titre si mystérieux. Pourquoi m’a-t-il tellement plu, pourquoi l’ai-je refermé avec un tressaillement au coeur ? Pour quelques raisons objectives et sans doute aussi pour un ressenti qui ne s’explique pas rationnellement et peut difficilement s’exprimer (en tout cas, je n’ai pas trop envie de m’étaler là-dessus…) (Vous voilà prévenus, ma vision est sans doute très partiale et ce roman ne plaira peut-être pas à tous…)

J’ai bien aimé le cadre du roman, les années 1970, à Bruxelles (dont je pouvais m’imaginer les quartiers traversés par le héros), à Charleroi, principalement, même si l’auteur parle parfois de ces années 70 de façon légèrement anachronique.

Lorenzo Cecchi a su, pour ce premier roman, construire une intrigue qui tient la route, qui ne se termine pas par une pirouette, un procédé facile qui permet de boucler la boucle. Même si j’ai deviné ce qui allait arriver quand Vincenzo retrouve Nedad et Suzanne, même si le personnage de la fin est prévisible aussi, l’ensemble est cohérent, 178 pages ni trop courtes, ni trop longues.

L’auteur maîtrise très bien l’art du portrait : même si celui-ci est l’occasion de petites digressions, les personnages campés par Lorenzo Cecchi, leurs histoires personnelles donnent de la chair à l’histoire de Vincenzo, ils apportent une pointe tantôt d’humour, tantôt de tendresse au roman de cet homme qui ne parvient pas ou n’ose pas s’engager pour aimer vraiment. Il peut en paraître bien antipathique, tout comme la femme libérée (et cruelle) qu’est Suzanne, mais ne reflètent-ils pas tous deux une génération qui a tenté de se libérer de l’emprise de la tradition, des modèles moraux avec plus ou moins de bonheur, plus ou moins de liberté effective ?

C’est sans doute ce personnage de Vincenzo qui m’a interpellée, touchée, lui qui ne sait pas s’engager, qui se laisse ballotter au gré des désirs des autres, pour correspondre à un modèle social « sans danger », « sécurisant » parce qu’il ne faut pas s’y remettre trop en question, et finit quand même par casser le moule des habitudes, au risque de déplaire et de rester seul. Et la fin de l’histoire montrera que cette prise de risque débouche toujours sur la solitude…

Une lecture « imposée » qui se révèle un coup de coeur inclassable…

Sur le blog de l’éditeur, plusieurs extraits sont proposés.

Lorenzo CECCHI, Nature morte aux papillons, collection Escale des lettres, Le Castor astral, 2012

Un premier roman belge, donc européen, de la rentrée littéraire 2012, qui contient un nom d’animal dans son titre :

Voisins Voisines version Curlz

 

 

 

 

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reka