Après le fameux Fantôme, voici le moins connu Bagnard de l’Opéra. Son histoire nous est contée par l’auteur lui-même – évidemment me direz-vous, sauf que Dumas se met réellement en scène dans le roman en nous racontant sa rencontre avec un bagnard dont le visage lui donne une sensation étrange de déjà-vu, sans qu’il puisse se rappeler dans quelles circonstances.

Alexandre Dumas séjourne à Toulon et demande à ses connaissances de lui fournir une barque. Celle-ci est rapidement trouvée, dotée d’un équipage de forçats. L’un deux retient l’attention de l’écrivain. Son visage ne lui est pas inconnu, mais Dumas ne parvient pas à se souvenir du contexte dans lequel il a pu rencontrer cet homme. Son nom, Gabriel Lambert, ne l’avance pas plus. Jusqu’à ce que le bagnard, se sachant reconnu et s’étant arrangé pour ne pas reparaître devant l’auteur, lui transmette une lettre. Il accepte de lui révéler le nom sous lequel ils se sont connus « dans le monde » si celui-ci ne cherche pas à en savoir plus sur son compte d’ici là fin de son séjour. Quinze jours plus tard, Alexandre Dumas reçoit un billet lui indiquant ce nom : Henry de Faverne.

Cet homme, Dumas l’a croisé deux fois. La première à l’opéra : Henry de Faverne avait alors insulté un ami de l’auteur. La seconde, le lendemain : lors du duel qui opposa les deux adversaires. Faverne avait perdu et c’est le médecin de Dumas qui l’avait soigné. L’auteur se rend donc chez celui-ci pour lui demander des renseignements au sujet de cet étrange patient. Bonne pioche, le médecin consigne chaque jour le compte rendu de ses journées dans des carnets. S’ensuit le récit surprenant d’un ambitieux imposteur…

Voici un ouvrage de Dumas que je ne connaissais absolument pas ! C’est par hasard que je suis tombée dessus chez un bouquiniste. Verdict : beaucoup moins passionnant et aventureux que d’autres ouvrages de l’auteur. Mais une bonne histoire tout de même qui aborde des sujets de sociétés intéressants : la peine de mort est remise en question ainsi que les conditions de détentions des prisonniers (parfois considérées comme pire que la mort pour certains). Pas d’enthousiasme débordant, donc. Mais un bon petit livre tout de même avec un bel atout : c’est un récit bref qui se lit très rapidement. Je l’ai lu en 2h30 environ (p-ê un peu moins). Pratique si l’on n’a pas beaucoup de temps !

Alexandre DUMAS, Le Bagnard de l’Opéra, Librio, 2013 (une autre édition chez Magnard)

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