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Présentation de l’éditeur :

À travers un puzzle de genres, de registres et de tons, Juan Pedro, le vieil écrivain, essaie de comprendre les choix de Jesús, ce petit-fils tiraillé entre le rituel chrétien de la messe imposé par sa grand-mère et le rituel tauromachique imposé par son grand-père.
Assister aux différentes phases d’une corrida à travers les regards du grand-père et de son petit-fils, d’un photographe et de son ami peintre, d’un comédien et d’une militante anti-corrida, d’un torero et même… d’un toro, c’est comprendre qu’au-delà du spectacle autre chose se joue. La capacité de transgression pour trouver une véritable liberté, celle des artistes, toreros, peintres, photographes, écrivains… celle, aussi, de tous les hommes!

Si vous êtes fan de corrida, amateur de toros, aficionado des arènes, admirateur d’El Cordobès, si vous aimez la vue du sang sur le sable, l’odeur fauve des combats, la sensualité du rapport entre le matador et l’animal, et surtout si vous pensez que la vie entière est une corrida, alors ce livre est pour vous. Mais il vous faut savoir que ce thème sera traité dans tous les sens, sous tous les points de vue… et au final… tiré en longueur.

J’étais prête à me laisser embarquer, à découvrir l’univers de la corrida, qui m’est complètement étranger, à dépasser la sacro-sainte barrière de l’arène de la souffrance de l’animal (maintes fois rappelé par Joël Glaziou) pour comprendre ce monde de l’intérieur, par le prisme d’un passionné. Et il y avait un point de départ romanesque très intéressant, avec cet enfant tiraillé entre une grand-mère « folle de messe » et un grand-père fan de corrida. Mais la sauce n’a pas pris du tout : à partir de cette situation initiale, les chapitres se succèdent, décousus, certains donnent le point de vue de différents personnages, comme indiqué dans la quatrième de couverture, d’autres parlent de musique, de littérature, d’éducation, de nombreux domaines de la vie vus sous l’angle de la corrida. Le tout truffé de jargon espagnol (de corrida – je précise au cas où vous n’auriez pas compris…) et de références culturelles qui vont de Michel Leiris, Ernest Hemingway à la chanson de Cabrel (eh oui, rien ne nous est épargné). Et donc, à la longue (au bout de cinquante pages) ce collage, ce kaléidoscope devient lassant…

Si Joël Glaziou avait gardé la forme de la nouvelle dont il est manifestement très connaisseur d’après sa biographie, l’ouvrage eût été intéressant. Certes, le petit Jésus du début évolue au fil des pages, mais il n’est pas vraiment acteur de ses choix et n’apparaît que de loin en loin. Si les différents « acteurs » avaient la vedette d’une nouvelle chacun, ils toucheraient davantage. Mais ils ne font que lasser Ce livre est présenté comme un roman mais il ne l’est pas vraiment. Mais voilà, son propos s’est perdu au fil d’un roman sans réelle construction narrative, du moins sans réelle construction romanesque.

Autre reproche : le minimum d’honnêteté intellectuelle de la part de l’auteur aurait été de nous fournir une liste de ses références culturelles, très nombreuses, et un glossaire de la corrida, plutôt que nous prendre pour des imbéciles parfaits bilingues connaisseurs en nous gavant de mots espagnols très précis liés à la corrida.

Une très grosse déception donc que cette lecture (« imposée »). Il n’y a plus qu’à commander des mouchoirs (rouges) (de Cholet) pour pleurer.

Joël GLAZIOU, Ce fut une messe… en forme de corrida, Editions Luce Wilquin, 2013

Je le note quand même dans ces deux challenges :

Défi PR1   Challenge Luce Wilquin

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