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Présentation de l’éditeur :

Albert Camus fait l’objet de nombreux malentendus. Jean-François Mattéi propose de les dissiper en nous offrant une lecture novatrice du travail de ce philosophe.
Il nous démontre que c’est en abordant les trois cycles de son œuvre (l’absurde, la révolte, l’amour) que l’on comprend mieux ses différentes prises de position : son refus radical de la peine de mort et de la bombe atomique, sa méfiance en la révolution ou sa position par rapport à l’Algérie. Il prend également en compte un élément intime de la construction du philosophe et de sa pensée : l’amour qu’il portait à sa mère.
Un petit livre clair et passionnant pour (re)découvrir Camus.

Jean-François Mattéi, membre de l’Institut universitaire de France, est professeur émérite de philosophie à l’Université de Nice-Sophia Antipolis. Parmi ses derniers ouvrages : Le Procès de l’Europe (PUF, 2011) et L’Homme indigné (Le Cerf, 2012).

Aseyn est illustrateur indépendant. Il a collaboré au projet Les autres gens (Dupuis, 2010-2012), publié Le Palais de glace (Éditions L’Employé du Moi, 2012). Il travaille également pour la presse et la publicité.

Ce petit livre est tombé à pic : il m’a permis de rafraîchir mes connaissances et surtout de revisiter la pensée et l’oeuvre de Camus, alors que je préparais un cours sur L’étranger, que j’ai fait lire à mes élèves avant d’aller voir l’adaptation théâtrale dans deux semaines. C’est le centenaire de la naissance d’Albert Camus cette année, et cet anniversaire nous donne une raison – s’il en était besoin – de nous intéresser à lui.

L’intérêt de cet ouvrage est de replacer tous les textes écrits par Camus, que ce soit les romans, les essais, les pièces de théâtre dans le projet littéraire et philosophique qu’il envisageait et qui a malheureusement été brutalement interrompu par un accident de voiture mortel en janvier 1960. En effet, son oeuvre devait se déployer dans une sorte de triptyque, l’absurde, la révolte et l’amour. Seuls les deux premiers ont été « illustrés » et oublier le troisième, non écrit mais bien présent dans la pensée de l’auteur, risquerait de tronquer la compréhension des premiers opus. Jean-François Matttéi s’applique à nous le faire comprendre, avec beaucoup de clarté.

J’ai beaucoup apprécié aussi le rapport à la figure de la mère et les éclaircissements sur le lien de Camus à l’Algérie et à la France, sur ses prises de position mal comprises par rapport à l’indépendance de la colonie française. On a voulu réduire, paraît-il, ses positions à un attachement « restrictif » à sa mère, mais en réalité, à tout système, à toute idéologie, Camus préfère un humanisme concret, attentif d’abord aux personnes réelles. Cela fait un peu penser au personnage de Yasmina Khadra dans Les sirènes de Bagdad, qui, à la fin du roman, renonce à faire sauter sa bombe parce qu’il s’est laissé toucher par les visages autour de lui, par les vies humaines, même anonymes, qu’il s’apprêtait à détruire. Cela dit, on peut se demander comment Camus aurait continué à exprimer cette pensée, cet appel humaniste si exigeant dans sa simplicité.

Ce petit ouvrage est illustré de visages (portraits de Camus ou autres personnes), d’images inspirées par l’essai de Jean-François Mattei. Aseyn déploie des regards, des figures symboliques ou bien réelles, en noir et blanc sur papier kraft, des images fortes aux noirs saturés, aux blancs crus ou noyés dans les valeurs de gris. Un regard complémentaire et intéressant sur l’homme qu’était Albert Camus et ses idées.

Comprendre Camus, un Essai graphique de Jean-François MATTEI et ASEYN, paru aux éditions Max Milo en janvier 2013

Un grand merci à Florence Meaudre et aux éditions Max Milo pour l’envoi de ce livre.