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Présentation de l’éditeur :

« Plus tôt, les femmes étaient venues avec des fleurs, chacune d’une nuance de rouge plus foncée. Dans la chapelle, où ils attendaient, leur parfum était fort. L’organiste a lentement joué la toccata de Bach, mais un frémissement de doute se répandait sur les bancs. »
Dès l’initiale de la nouvelle titre, avec ce « frémissement de doute », Claire Keegan parvient à suggérer un trouble, que confirmeront les premiers balbutiements du prêtre au moment de célébrer le mariage.
Les huit nouvelles de ce recueil, pour l’essentiel enracinées dans la terre d’Irlande, évoquent le pouvoir dévastateur des mots (La Mort lente et douloureuse), les relations des pères et de leurs filles (Le Cadeau d’adieu, La Fille du forestier), les amours impossibles (À travers les champs bleus, Chevaux noirs, La Nuit des sorbiers), la force des préjugés (Près du bord de l’eau) ou le poids des traditions (Renoncement).
Tout comme dans L’Antarctique (2010) et Les Trois Lumières (2011), le regard acéré et les phrases ciselées de l’écrivain en imposent. Sans jamais rien affirmer, Claire Keegan parvient, dans ses textes d’une beauté lapidaire, à susciter d’inoubliables émotions de lecture.

J’ai lu ces nouvelles de façon un peu dispersée, mais le sentiment général qu’elles ont suscité en moi, c’était principalement de retrouver l’univers de Claire Keegan, découvert dans Les trois lumières, un univers où les sentiments sont suggérés, où l’auteur dévoile délicatement des pans d’histoires personnelles. Les gens simples que Claire Keegan met en scène sont marqués par un amour impossible ou blessé ou blessant, par des rêves plus ou moins lointains, et surtout par cette terre d’Irlande tout entière au pouvoir du vent et de la pluie qui façonne les êtres et dont il est difficile de s’arracher.

J’ai particulièrement apprécié la première nouvelle, La mort lente et douloureuse, où une écrivain règle ses comptes par mots interposés, elle était vraiment bien placée en premier. A travers les champs bleus et La fille du forestier sont sans doute celles qui m’ont le plus remuée intérieurement. Ces histoires d’hommes qui tentent de composer avec la vie, avec les femmes une partition tellement malhabile, qui vivent les choses de manière brute, dans les non-dit, ces hommes et ces femmes qui vivent des vies parallèles, insatisfaites, qui tentent de se donner une seconde chance en se racontant des histoires… c’était très touchant.

J’ai aimé aussi me laisser à la fois porter par le vent et les esprits et m’enfoncer dans la tourbe de la dernière nouvelle, La nuit des sorbiers, même si je me sentais parfois un peu étrangère aux superstitions de Margaret, mais quelle liberté opiniâtre chez cette femme !

Les autres nouvelles sont belles aussi, mais plus courtes ou un peu plus éloignées de la terre d’Irlande, elles m’ont un peu moins marquée.

Cette lecture me prouve s’il en était besoin que je peux continuer de m’intéresser à ce genre de la nouvelle dans ses multiples variantes… et ma PAL a quelques réserves intéressantes !

Claire KEEGAN, A travers les champs bleus, nouvelles traduites de l’anglais (Irlande) par Jacqueline Odin, Sabine Wespieser éiteur, 2012

L’avis de Marilyne et de Philisine Cave, celui de Jérôme et de Clara

J’aurais pu faire l’effort de rédiger mon billet pour la Saint-Patrick, date limite aussi du challenge Lire sous la contrainte – Couleur. J’espère que Philippe m’acceptera quand même, et bien sûr voilà une lecture de plus pour le challenge de Lune. Et c’est un livre – féminin – de la Rentrée littéraire 2012 !!

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