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Présentation de l’éditeur :

Au bureau de L’Escaut-Matin, dans une petite ville du Hainaut belge, un journaliste sportif rédige des articles sans sourciller. Le quotidien de Franz Bléhen est balisé de reportages, de retrouvailles avec sa fille étudiante, de rares balades à vélo. La vie court entre les lignes. Faits divers, journées emplies d’anecdotes, pages à écrire.
Franz rencontre fortuitement une vigile, qui rejoint à pied l’hôpital où elle travaille. Elle aime le Tour de France et le basket, s’intéresse aux pages rouges de L’Escaut-Matin, pages du sport au quotidien.
Claire Vanneste est bouleversée par le manège d’une patiente, une dame âgée. Elle a surpris celle-ci en train d’écrire de longues pages, seule dans le bureau des vigiles.

C’est un tout petit livre de 80 pages, certains parleraient d’une novela plutôt que d’un roman, mais dans sa simplicité, il est rond, plein, achevé, et il m’a touchée pour plusieurs raisons : c’est le premier roman d’une écrivain de ma région, qui enseignait dans l’école où j’ai fait mes études secondaires (je ne l’ai jamais eue comme prof mais ça fait remonter des souvenirs d’enfance), Françoise Lison-Leroy est surtout connue pour écrire de la poésie et des nouvelles, et elle continue à écrire des chroniques culturelles (sur des livres et des spectacles régionaux) dans le vrai journal qui inspire L’Escaut-Matin, c’est-à-dire Le Courrier de l’Escaut, dont les pages sportives (que je ne fais que survoler, et encore) sont effectivement cadrées de rouge, c’est le journal que j’ai toujours connu chez mes parents, et auquel je me suis moi-même abonnée. Bref, une lecture au parfum un brin nostalgique pour moi, mais aussi pleine de délicieuses références à ma ville et à ma région ! D’ailleurs Françoise Lison-Leroy elle-même a noté en exergue « Toute ressemblance… Mais oui », un joli clin d’oeil à Tournai et à son journal !

Mais il n’y a rien de nostalgique dans la vie et dans les choix des trois personnages des Pages rouges. Le premier est un journaliste sportif chevronné, reconnu et apprécié dans le milieu, la deuxième est une femme qui vit un peu en décalé, puisqu’elle est vigile de nuit dans un hôpital, le jour elle se repose et vit seule, la troisième est une vieille dame qui ne s’est pas laissée abattre ni par l’âge, ni par le monde hospitalier, puisqu’elle écrit un livre, envers et contre tout, jusque dans le bureau des vigiles !

Pas d’aventure plus exaltante que cela pour Franz Bléhen, Claire Vanneste et Marthe Delhombre, non, l’univers dans lequel l’auteur les plonge n’est rien d’autre que le quotidien, la vie ordinaire, mais un ordinaire dans lequel ressortent les petits détails, auxquels les trois (et sûrement l’auteur elle-même) sont attentifs,  ceux qui donnent de l’énergie, de l’enthousiasme, de la qualité à la vie.

Dans ce quotidien, les trois personnages ont accepté de faire un écart, de se laisser surprendre : le journaliste sportif a accepté de rencontrer la vieille dame pour écrire une page « Témoignage », la vigile a fait une petite entorse au règlement de l’hôpital, la vieille dame s’est mise à écrire à plus de quatre-vingts ans. Ces pas de côté vont laisser chez chacun une trace durable, vont permettre une transmission de génération en génération.

J’ai lu ce petit livre avec bonheur, en goûtant le sens de l’observation plein de tendresse et de simplicité de Françoise Lison, son écriture évidemment marquée de poésie, en m’amusant à deviner les lieux précis dont elle parle (et en me demandant même quel pouvait bien être le bâtiment en construction tagué place de l’Evêché, où il n’y a que la cathédrale, l’évêché et « l’hôtel des anciens prêtres », que des bâtiments historiques !)

C’était une lecture toute simple, sans aucune violence, un peu doudou pour moi mais d’autres pourront apprécier sa fraîcheur. Bref un livre parfait pour la veille de Pâques !

« Franz Bléhen ferme la porte du bureau. Personne ne le dérangera ce samedi matin. Le journal ne paraît pas le dimanche. Les pages sportives de lundi seront chargées. La une pour les deux nageuses championnes dans leur catégorie, les deux et trois pour la course cycliste des Sept Cités, les autres pour les gymnastes et les colombophiles. Un stagiaire s’occupera demain des cadrées et classements. Le dossier tennis est clôturé.
Un coup d’œil sur les messages électroniques : rien de bien surprenant. Les volleyeuses ont perdu leur match, hier soir, et les gamins de la Royale s’en sont bien tirés. Il faudra récupérer la photo de l’équipe des seniors, encore invaincue. Tous les joueurs sont abonnés à L’Escaut-Matin. » (p. 11)

Françoise LISON-LEROY, Les pages rouges, Editions Luce Wilquin, 2011

Challenge Luce Wilquin   Défi 100 pages

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