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Présentation de l’éditeur :

La Havane, 1948. Chico, jeune pianiste de génie, rêve de se faire une place parmi les grands du jazz. Rita, à la voix sans pareille, fascine tous ceux qui l’entendent et la voient. Au rythme du Cubop, le be-bop sauce Cuba, l’inévitable idylle se noue. Et se complique tandis que leurs carrières s’envolent et que les malices du destin les égarent sur les sentiers de la gloire. De leur île à Manhattan, de Las Vegas à Paris et Hollywood, ils se connaîtront, se reconnaîtront, se perdront de vue, se retrouveront dans un tourbillon d’afro-jazz, la bande-son de ce boléro amoureux couvrant un demi-siècle de chagrins, de luttes et de triomphes…

Chico & Rita, c’était d’abord un film d’animation musical adapté ensuite en roman graphique par les mêmes auteurs, Mariscal et Trueba. La BD était dans les coups de coeur de la bibliothèque, et ma foi, je me suis moi aussi laissé prendre à son charme puissant.

La présentation de l’éditeur dit pas mal de choses, ça m’évite de vous les répéter en moins bien. J’ai bien aimé cette histoire qui commence à La Havane en 2008, où Chico est un vieux cireur de chaussures mélancolique. En rentrant chez lui un soir, une vieille chanson à la radio fait remonter les souvenirs de soixante années auparavant… Souvenirs de Cuba avant la Révolution de Fidel Castro, un temps où la musique de jazz à la mode cubaine était permise et recherchée, un temps où la vie semblait facile, mais où les Noirs cubains n’étaient pas acceptés partout. Un temps où l’attrait de l’Amérique, des Etats-Unis et de ses boîtes de jazz était puissant. Souvenirs de la rencontre pour le moins électrique avec Rita, la chanteuse dont la voix, le visage et le corps souple vont le hanter toute sa vie. Souvenirs de ses propres aventures et déboires aux USA, avec des musiciens de rêve, comme Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Thelonius Monk et autres Bud Powell, une société musclée et raciste, un monde de la nuit où tous les coups sont permis pour se faire une place au soleil…

J’ai pensé à La douleur du dollar, de Zoé Valdès, la Cubaine qui peint si bien la vie à La Havane, j’ai aimé cette histoire d’amour chaotique sur fond de réalité sociale, politique, humaine très marquée. Et puis la musique est omniprésente, le jazz, les chansons disent le désir, l’amour, la rupture, la rébellion, le spleen, le goût de la liberté.

J’ai aimé l’univers graphique de cette BD, son trait à la fois simple et réaliste, sa palette de couleurs vives et profondes, qui accompagnent si bien l’histoire et les lieux décrits, qui imprègnent les pages de sensualité et d’énergie. La lumière, la vie grouillante de La Havane, l’arrivée dans la nuit d’hiver à New York, les plus grandes salles musicales d’Europe et d’Amérique, les grosses bagnoles qui sentent la testostérone (mais sans aucune vulgarité, rassurez-vous), le corps dansant de Rita… sont sublimés par la plume et les couleurs de Javier Mariscal.

Seul petit bémol : j’ai trouvé que les onomatopées censées reproduire les sons des instruments étaient un peu trop appuyées, mais cela n’enlève rien au désir de réécouter le Buena Vista Social Club, par exemple !

Une BD qui donne la pêche et qui rappelle en même temps des pages plus ou moins heureuses de l’histoire musicale des Noirs Américains après 1948.

Javier MARISCAL et Fernando TRUEBA, Chico & Rita, traduit de l’espagnol par Alexandra Carrasco, Denoël Graphic, 2011

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(Ligne BD, catégorie Prénom)

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Quelques images, difficiles à choisir…