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Quatrième de couverture :

Pour ses copains, Luke, treize ans, est un peu bizarre : il a des yeux trop verts à cause d’une très rare combinaison génétique, ile st extrêmement doué pour la peinture… et sa mère est morte dans un accident de voiture. Depuis, il est en perdition.

Puis Luke rencontre Jon, son nouveau voisin. Si Lule est bizarre, Jon, lui, est un ovni. Il porte des vêtements des années 1950, il possède une mémoire phénoménale, il collectionne les faits, rien que les faits, et il a un secret. Quand Luke découvre ce secret, il doit oublier sa peine pour aider Jon. Commence alors pour les deux adolescents blessés par la vie l’heureux chemin vers la guérison.

Voilà un beau premier roman dont l’auteur, jeune libraire à Manchester, s’est glissé dans la peau de Luke pour dire toutes les fractures causées par un deuil brutal : non seulement il faut avaler la disparition inattendue, apprivoiser l’absence, mais il faut aussi vivre avec les souvenirs, et vivre avec un père que la mort de sa femme a complètement transformé, et aller vivre ailleurs, dans une ville paumée, dans une maison à moitié pourrie. Comment la mort déchire et dévaste, c’est dingue…

Dans ce désespoir anesthésié, Luke a deux bouées de sauvetage : la peinture dans laquelle il se perd et qui lui vide la tête, et la rencontre avec Jon, un drôle de garçon sans doute encore plus paumé que Luke. J’ai beaucoup aimé la manière dont ce jeune ado ressent l’acte de peindre, comment il comprend que la douleur, la solitude l’inspirent, lui font produire de bons tableaux. Quant à son amitié avec Jon, garçon sorti d’un trou à rats, qui survit de manière improbable face à la crasse et aux brimades des autres collégiens, elle est particulièrement touchante, avec en toile de fond les préjugés et les obscurités d’un collège qui ferme les yeux sur les violences envers le plus faible, d’une petite ville qui est le portrait d’une certaine société anglaise, qui rappelle les films de Ken Loach. Dans ces univers sombres, il y a toujours (enfin, souvent) une petite lueur d’amitié, de solidarité, de fantaisie qui permet de ne pas sombrer et de remonter la pente.

C’est le cas de ce roman initiatique, à l’écriture fluide, aux mots justes, où Luke et Jon s’apprivoisent mutuellement et s’apprennent à vivre, à grandir. Avec la colère, les larmes et l’absence. Mais aussi avec les bouquins, les pinceaux et une humanité renouvelée.

« Ma vie a changé à la fraction de seconde où le camion de Brian Stuart a écrabouillé la voiture de maman. Tout ce qui précède cet instant est l’avant et tout le reste l’après. Le retour à pied à la maison est un moment bizarre, un moment dans les limbes, mais si j’avais à choisir je le rangerais dans la catégorie de l’après. Tout avait déjà changé ; juste, on ne me l’avait pas encore dit. Quand je me revois faire cette heure de marche pour rentrer je suis furieux contre ce gars parce qu’il ne sait pas, qu’il ne s’est pas encore débrouillé pour comprendre. Pare qu’il ne sait pas que tout a changé. Sauf que je n’avais aucun moyen de le savoir avant d’entrer dans la maison et de voir mon père assis dans son fauteuil avec, sur le visage, une expression que je n’oublierai jamais. Il n’y a pas eu de tir de sommation, il n’y a pas eu de sirène. Il aurait dû y avoir un écriteau peint en travers du ciel pour me dire que ma vie avait changé pour toujours. Mais il n’y a rien eu. Les fleurs étaient toujours dans le jardin et ma clef rentrait toujours dans la serrure. Je suis rentré, comme je l’avais fait un millier de fois auparavant ; seulement cette fois-là chaque pas me rapprochait de la fin de mon ancienne vie et du début d’une nouvelle existence dont je ne voulais pas. Pourtant, je n’en ai tiré aucune leçon. Ca ne m’a rien appris du tout. Je me suis dit que c’était ça le grand moment de ma vie, sa tragédie, j’ai baissé la garde, je me suis relâché, et je n’ai pas été préparé quand j’aurais dû l’être. » (p. 114-115)

Robert WILLIAMS, Luke et Jon, traduit de l’anglais par Marie-Hélène Sabard, Nil Editions, janvier 2013

Un coup de coeur pour Clara, un roman très apprécié par Aproposdelivres et Jostein

Ce livre, qui a été sélectionné pour le Prix Relay (mois d’avril), a obtenu en Grande-Bretagne le « National Book Tokens NYP Prize ». C’est un premier roman, anglais (enfin, Antoni, me voici !), donc européen et il y a deux prénoms dans son titre.

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