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Présentation de l’éditeur :

Une chambre. Des livres empilés sur le sol entre le lit, le fauteuil, la commode. Elle est assise à un petit bureau. Elle écrit Je pense à vous. Elle écrit ce message-là, cette phrase-là, chaque soir, à la même heure, sur une feuille vierge qu’elle chiffonne aussitôt après et qu’elle jette dans la corbeille à papier. On comprend qu’elle s’apprête, qu’elle se coiffe et se maquille avec soin pour ce rendez-vous du soir. Elle parle de son rituel d’écriture ; elle édifie autour d’elle l’attente cérémoniale de celui qu’elle vouvoie, l’amant encore imaginé, le personnage d’une histoire d’amour qu’elle voudrait vivre. Vivre ou écrire.
Nous ne connaîtrons jamais le prénom de cette femme, pas plus que ne nous sera dévoilé le portrait de l’homme qu’elle imagine, qu’elle traque, qu’elle poursuit jusqu’à Florence.

Ce roman est le quatorzième de Françoise Houdart, écrivain belge dont j’ai découvert l’existence grâce au club de lecture (humhum, pas très experte en littérature belge, la blogueuse…) Avec ce titre, j’ai vraiment l’impression de découvrir une voix singulière, qui puise son inspiration dans les feux les plus sombres d’un coeur féminin.

Cette femme, nous ne savons pas qui elle est, nous ne saurons jamais le nom de celui auquel elle s’adresse avec ces simples mots « Je pense à vous ». Il ne faudra pas chercher dans ses écrits une histoire d’amour cohérente, bien délimitée, mais oser se perdre avec elle dans ses errances, se laisser dévorer par le feu intérieur qui la brûle : folie du désir amoureux, sauvagerie de l’écriture qui jaillit, flamme qui dévore tout sur son passage… Ou, au bout du compte (conte), se raccrocher comme elle à la réalité d’une histoire d’amour terminée, ravageuse, d’un deuil à apaiser encore ou à la difficulté d’expulser de soi les mots qui veulent couler comme de la lave en fusion. Et se laisser piquer par l’abeille qui danse…

Tout comme ce livre est déroutant (et envoûtant), c’est difficile d’en parler ! Une sensualité à fleur de peau habite discrètement ce roman. Son écriture est musicale, poétique, les phrases courtes, saccadées alternent avec les longues, comme si le monstre griffu tapi en cette femme se ramassait sur lui-même pour mieux bondir et attaquer. 

« C’était à Paris, Berlin, Londres ou Florence. Car il fallait une ville percée de rues étroites qui se jettent à angle droit dans des rues plus larges et celles-là même dans d’autres encore, des rues festonnées, galonnées d’arbres et de réverbères, des rues plastronnées de vitrines criardes, de façades crépies, taguées, tatouées ; une ville épaisse avec dans les flancs des entrelacs de rues, de ruelles, de ponts et de galeries charriant les désordres des hommes et les fientes laiteuses des pigeons. Il fallait une ville avec des places piétonnes autour de vertiges de pierre, de marbre et de vitraux ; avec des fontaines jaillies des seins de nymphes généreuses, des parcs grillagés la nuit et des bars naufragés. Et il fallait un fleuve ou une rivière, qu’importe : Seine, Spree, Thames ou Arno. Oui, qu’importe, mais une ville couchée comme une femme, avec un fleuve large qui coule entre ses jambes ouvertes.

J’imaginais que vous aimiez marcher la nuit le long des berges. L’eau citadine délayait votre ombre dans les cascades de lumière qui dévalent des ponts. » (p. 13-14)

Françse HOUDART, La danse de l’abeille, Editions Luce Wilquin, 2012

Les avis de Minou et de Marilyne

Un livre au féminin, belge, donc européen, qui compte évidemment pour le challenge Luce Wilquin de Minou et aussi pour le Petit Bac, ligne belge, avec Animal (donc aussi Animaux du monde). Et seulement 126 pages.

logo La plume au féminin     Voisins Voisines version Curlz

Challenge Luce Wilquin     logo Petit Bac 2013

Défi 100 pages    Logo Animaux du monde

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