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Quatrième de couverture :

Un couple amoureux dans les eaux turquoise de l’île de La Réunion. Farniente, palmiers, soleil. 
Un cocktail parfait. Pourtant le rêve tourne au cauchemar. 
Quand Liane disparaît de l’hôtel, son mari, Martial Bellion, devient le suspect n° 1. D’autant qu’il prend la fuite avec leur fille de six ans. 
Barrages, hélicoptères… la course-poursuite est lancée au coeur de la population la plus métissée de la planète. 
Et si cette chasse à l’homme, ponctuée de cadavres, dissimulait la plus redoutable des manipulations ?  

Un thriller qui cogne comme un verre de punch. 
A déguster vite, fort et frais.

C’est la première fois que je lis un Michel Bussi, et bien que j’en aie lu les deux tiers en pointillés, avant de lire la fin d’une traite aujourd’hui, il faut reconnaître que cet auteur a construit un bon roman qui no seulement tient en haleine mais procure aussi un bon dépaysement.

Il faut dire que découvrir La Réunion à travers cette chasse à l’homme, en suivant un suspect qui connaît l’île et ses particularités géographiques comme sa poche, est assez passionnant. Il y a aussi toute une population variée, métissée, que l’on observe notamment par le regard d’Aja, capitaine de gendarmerie du crû, et de Christos, expatrié de métropole depuis des années, qui nage dans le rhum comme un poisson dans les massifs de corail.  L’image de paradis, vue de loin, d’Europe et des vitrines des agences de voyage, est bien écornée par la description de la pauvreté, du racisme larvé et de la crasse qui touche une bonne partie du territoire et de ses habitants.

L’intrigue est haletante et efficace, même si j’ai repéré deux invraisemblances. Une technique d’abord : un homme qui se fait dévorer par les crabes est censé être dans l’eau, me semble-t-il, (il est même tombé le nez en avant) et comme par hasard, quand on le retourne et qu’on découvre le couteau qu’on lui a planté dans le coeur (faut déjà y aller), les enquêteurs trouvent encore le moyen d’y détecter des empreintes digitales ! Et une mentale ensuite : les pensées de la petite Sofa, six ans, me paraissent un peu trop élaborées pour une gamine de cette âge, même si elle est manifestement très intelligente.  Mais à part ça, comme je l’ai déjà écrit, les pages se tournent sans y penser, tant l’auteur mêle adroitement les différentes informations et navigue sans cesse du point de vue des gendarmes à celui de Martial en cavale. On se surprend à ressentir un malaise certain à lire ce que ce dernier fait subir à sa fille tout en découvrant l’histoire de l’île et de ses familles les plus marquantes. Mais je ne vous en dis pas plus : si vous vous laissez prendre au jeu, vous ne lâcherez pas le bouquin non plus.

Bref, un bon polar détente dans cette sélection de mai du Prix Relay.

« ‘Une île, un monde’ proclame le slogan touristique de La Réunion. Pas faux, au fond.   Sur quarante kilomètres carrés est rassemblé un échantillon représentatif des inégalités entre les peuples des cinq continents.

Un laboratoire de l’humanité.

Cette île est une terrasse posée sur le rebord du monde pour observer l’avenir du genre humain. A l’ombre, en tongs, un verre de punch à la main. » (p. 145)

Michel BUSSI, Ne lâche pas ma main, Presses de la cité, 2013

Les avis d’Antigone, Aproposdelivres, Valou, Stephie (je lis que nous avons été frappées par le même extrait !)

Le site de l’auteur

C’est donc un livre sélectionné pour le Prix Relay, un polar de plus pour le challenge de Liliba et bien sûr, un roman qui se passe sur une île (chez Géraldine).

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