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Présentation de l’éditeur :

Fin des années 30, en Grèce. La dictature militaire s’installe et les libertés fondent comme neige au soleil. L’esprit frondeur de Stavros, amateur de jolies filles, de haschisch  (et vendeur occasionnel) a du mal à se plier aux lois en vigueur. Il retrouve son ami Markos à sa sortie de prison. Ensemble, autour d’un narguilé, ils refont le monde, avant d’aller jouer et danser le rebetiko toute la nuit au son du bouzouki. 
Il fallait l’invention et l’élégance naturelle de David Prudhomme pour réussir à restituer l’ambiance des bouges d’Athènes dans les années trente, et l’atmosphère électrique qui y régnait. Pour ce récit, David Prudhomme puise son graphisme noir et charbonneux aux sources du cinéma néo-réaliste italien.
Quant à cette musique populaire grecque d’avant-guerre, elle est dans Rebetiko ce que Casque D’Ora été aux guinguettes du bord de la Marne : omniprésente et le moteur essentiel du récit.

Cette BD était mise en évidence (parmi d’autres) sur un stand foisonnant lors de la dernière Foire du livre à Bruxelles. C’est là que je me suis laissé tenter…

J’y ai découvert ce genre musical, né chez les exilés turcs « échoués » à Athènes, dans des bidonvilles, des quartiers mal famés, des fumeries de haschisch, des ports entre autres, exilés qui se sont mêlés aux Grecs de ces quartiers populaires et ont exprimé leur nostalgie dans des chansons qu’ils jouaient sur leurs bouzoukis, leurs baglamas. On apparente ce genre musical au fado portugais, au tango. On l’appelle parfois le blues grec, nous apprend l’auteur. Cet art mêlé de rébellion, cette mixité culturelle entre Orient et Occident n’ont pas été du goût du dictateur Metaxas, qui l’a brutalement réprimée.

Je l’avoue, plus que le texte (auquel, pour une fois, je n’ai pas été très attentive) c’est le dessin, l’ambiance qui m’ont fait tourner les pages de cette BD. Les visages, les corps des protagonistes explosent de force, d’énergie : les moustaches, les traits creusés des hommes, leurs yeux de braise, les lèvres charnues des femmes et leurs cheveux bien crantés sur des silhouettes lascives, tout respire la sensualité, l’animalité. Le tout baigne dans des ambiances « chaudes » (ça chauffe moralement aussi d’ailleurs). Comme les rébètes vivent la nuit principalement, ces scènes nocturnes sont mises en images avec des jeux marqués d’ombre et de lumière, les couleurs virent des tons sépias et orangés aux tons froids de la mer vue de nuit.

On peut dire que visuellement, ces images sont magnétiques, mais quelque chose (peut-être ce mode de vie si marginal ?) m’a tenue un peu à distance des émotions qui toucheront peut-être davantage d’autres lecteurs.

David PRUDHOMME, Rébétiko, Futuropolis, 2010

J’insris cette BD aux BD du mercredi chez Mango et bien sûr dans le challenge Des notes et des mots, à deux jours de la fête de la musique !

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