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Quatrième de couverture :

« Les nouvelles qui composent ce premier recueil n’ont pas un seul défaut. Alan Heathcock y affiche cette générosité d’esprit propre aux écrivains qui aiment réellement leurs personnages. Volt est la preuve époustouflante de son talent. Galvanisant. » Donald Ray Pollock, auteur de Le Diable, tout le temps

Krafton, petite ville imaginaire de l’Amérique profonde aux allures bibliques, où abondent secrets inavouables, crimes anciens et chagrins enfouis est le décor des nouvelles d’Alan Heathcock. L’écriture puissante et lyrique, le suspense sombre qui imprègne ce paysage, et la poésie avec laquelle l’auteur évoque la violence inhérente à l’Amérique marquent la naissance d’un écrivain au talent singulier, salué par le New York Times et Publishers Weekly comme l’auteur d’un des meilleurs livres de l’année.

Mouais… Eh bien je ne suis pas tout à fait d’accord avec l’avis dithyrambique de Donald Ray Pollock et le classement dans les meilleurs livres de l’année. J’ai même failli abandonner à la moitié mais je me suis reprise, je voulais quand même faire honneur à mes compagnons de lecture, Jérôme et Clara. Et j’ai bien fait car les trois dernières nouvelles m’ont paru bien meilleures que celles du début, à part la première qui constitue une belle ouverture.

Alan Heathcock a donc choisi pour décor un village imaginaire, un bled perdu, peuplé de gens qui sont autant de caricatures de l’Amérique profonde : des gamins paumés, une shérif dépassée par les événements, un pasteur dévoué, un maire exigeant et peu courageux, des femmes qui cuisent des gâteaux et pleurent leurs enfants morts, des fermiers rudes. On pourrait croire que cela se passe il y a longtemps, mais il y a quand une petite allusion à Internet, la shérif a quand même un téléphone portable et des jeunes gens du village ont fait la guerre en Irak. Cette seule allusion à l’actualité et aux ravages que les combats ont causés aux jeunes qui sont revenus (sans parler des soldats morts là-bas) ferait penser à une critique de la société américaine par l’auteur.

Ce qu’il y a de très intéressant aussi, c’est que certains personnages reviennent d’une nouvelle à l’autre, comme la shérif Helen Faraley, le pasteur Hamby, l’épicier et maire Freely. Mais les histoires ne sont pas disposées dans un ordre chronologique et c’est ainsi qu’on comprend comment un événement qui a touché gravement le village, des inondations catastrophiques, ont profondément affecté la personnalité des uns et des autres. Surtout d’Helen.

Mais on découvre surtout dans ces nouvelles des histoires individuelles, des expériences de mort, de douleur inhumaine, et comment les gens font face à cette souffrance qui les submerge (comme le village envahi par l’eau, et qui garde des traces de délabrement inquiétantes). Dans ce fin fond de l’Amérique, on dirait que les instincts les plus sauvages (re)prennent le dessus. Que les gens ne peuvent que fuir, marcher longtemps, errer dans la forêt, ou dans leur propre tête, vivre comme des bêtes. Jusqu’à un espoir ténu, jusqu’à une improbable rédemption.

Oui, mais voilà : Donald Ray Pollock, qui parle de ces nouvelles avec tant d’enthousiasme, est lui-même bien plus fort pour mettre en scène les habitants de cette Amérique désenchantée. J’ai même pensé à Bruce Machart et à son formidable Sillage de l’oubli, qui avait écrit la folie avec une telle puissance. Et puis certaines nouvelles se terminent de façon vraiment bizarre, je n’ai pas tout compris.

Cela n’empêche pas que Alan Heathcock a un potentiel de raconteur d’histoires certain, que son écriture a de belles envolées (malgré les petites coquilles repérées ici ou là dans la présente édition) mais ses nouvelles ont eu pour moi un parfum de déjà lu. 

Alan HTHCOCK, Volt, Albin Michel, 2013

Merci à Laure Waechter et aux éditions Albin Michel de m’avoir permis de découvrir ce livre !

Une participation au challenge américain, à la rentrée littéraire, au challenge Nouvelles de Lune et au mois de la nouvelle chez Flo !

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