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Quatrième de couverture :

Jean est mort et Marie, sa femme, se rend pour la première fois sans lui à Patmos. Patmos, c’était la maison de Jean, son enfance, ses amis, que Marie va retrouver non sans une certaine crainte. Dès l’arrivée sur l’île, les souvenirs l’assaillent : sa rencontre avec Jean, leur vie, la maladie, sa passion folle pour Pierre, metteur en scène et amant insaisissable avec lequel elle a partagé travail et amour avant que Jean n’entre dans sa vie puis à nouveau, plus tard. Et alors qu’elle avance, incertaine dans cette revisitation du passé, Pierre arrive, rejoignant à Patmos son frère et ses neveux en vacances.
Comme dans une tragédie antique, le destin brouille les cartes, et l’île est un théâtre où se joue la dernière scène d’une histoire qui attendait sa fin.

Je ne sais si c’est l’arrivée bien réelle de l’automne, mais j’ai un peu la flemme d’écrire des billets ces jours-ci… J’ai peur de ne pas rendre assez au joli talent de Patricia Emsens dans ce premier roman. Allez, prenons le bateau, comme Marie et ses enfants et retournons quelques semaines en arrière, au soleil d’été, dans l’île de Patmos…

Elle a du courage, Marie, de revenir là, dans la maison de son mari, mort quelques mois auparavant. elle revient avec leurs deux jeunes enfants, Louise et Philippe, et le fils de Jean né d’un premier mariage, Grégoire, déjà jeune homme et prêt à voler de ses propres ailes. Marie se souvient : de l’histoire de Jean, qu’il lui a confiée avant de se marier avec elle, de son histoire d’amour à elle, costumière, avec Pierre, metteur en scène de théâtre. Des trios amoureux qui marquent le parcours intime de chacun des personnages du roman. Des histoires qui naviguent entre douleur et apaisement, des feux qui renaissent de cendres que l’on croyait endormies.

Un texte sensible, oui, qui parle du deuil, du théâtre, de l’amitié, des hasards bizarres, des rencontres heureuses (ou moins heureuses) qui tissent nos existences, des solidarités entre générations… le tout sous le soleil généreux de Patmos, un cadre qui n’a sûrement pas été choisi par hasard par Patricia Emsens. A part la place un peu dérisoire des enfants (qui font quand même bien partie de la vie de Marie et dont le propre deuil semble inexistant), ce premier roman est vraiment réussi : dans sa construction qui mêle les aller et retours entre passé et présent, dans son écriture fluide et pleine de simplicité, dans ce beau personnage de femme qu’est Marie, entre Pierre le fantasque et Jean le sage et tenace.

Merci, Eimelle, pour la découverte et le partage !

J’ai découvert aussi les éditions des Busclats, qui, selon leur site, « se proposent de publier des écrivains reconnus à qui elles demandent de faire un pas de côté. D’écrire en marge de leur œuvre, un texte court – récit, essai, nouvelles, lettres…- qui sera, selon leur cœur, une fantaisie, un coin de leur jardin secret, un voyage inattendu dans leur imaginaire. Cependant les éditions des Busclats ne s’interdisent pas d’ouvrir leurs pages à des inédits de grands écrivains disparus, ni de se laisser séduire par des textes d’écrivains inconnus et prometteurs. » Et ne vous fiez pas à l’image du livre, la couverture est en réalité d’un vieux rose plus joli, un papier épais, texturé, bref une édition soignée.

Patricia EMSENS, Retour à Patmos, Editions des Busclats, 2013

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