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Grâce à Emilie, j’ai reçu cette intégrale des enregistrements studio et live de Nino Ferrer en 14 CD !

Voilà quinze ans que Nino Ferrer, ce touche-à-tout de génie  a choisi de quitter la scène, le 13 août 1998. Ces 14 CD reprennent bien sûr les tubes comme Les cornichons, Le téléfon, Mirza, La maison près de la fontaine et l’incontournable Le Sud, des chansons que l’on peut retrouver parfois en plusieurs versions, variations d’arrangements, de langues (ah Le Sud en anglais… c’est très beau aussi) puisque les enregistrements s’étalent entre 1962 et 1995. Mais il y a aussi quantité de découvertes, en tout cas pour ma part, je ne connaissais vraiment pas grand chose de cette immense palette de l’artiste, qui s’étale de la pop au jazz, du rock au swing, de la soul au rythm and blues, et toujours Nino Ferrer était en avance sur son temps, grâce à sa culture, sa curiosité et son inventivité musicale.

Ses chansons qui campent de petites histoires décalées, son humour un peu acide vont de pair avec sa voix rocailleuse. Didier Varrod, qui signe la présentation de l’artiste dans le livret accompagnant ces 14 CD (je n’en reviens toujours pas !) explique très bien l’éclectisme, la compétence, l’exigence de Nino Ferrer. Exigence qui l’a conduit à cette distance désabusée, cette lassitude qui l’a conduit à choisir de partir.

Merci infiniment à Emilie Butel et aux éditions Barclay pour ces heures d’écoute et cette fameuse découverte !

Et puisque c’est encore dimanche et que la poésie est à l’honneur ici, voici une chanson connue, et un peu de saison…

La maison près de la prairie

La maison près de la fontaine
Couverte de vigne vierge et de toiles d’araignée
Sentait la confiture et le désordre et l’obscurité
L’automne
L’enfance
L’éternité…

Autour il y avait le silence
Les guêpes et les nids des oiseaux
On allait à la pêche aux écrevisses
Avec Monsieur le curé
On se baignait tout nus, tout noirs
Avec les petites filles et les canards…

La maison près des HLM
A fait place à l’usine et au supermarché
Les arbres ont disparu, mais ça sent l’hydrogène sulfuré
L’essence
La guerre
La société…

C’n’est pas si mal
Et c’est normal
C’est le progrès.

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