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Présentation de l’éditeur :

« Pendant des dizaines d’années, j’ai traversé ce pont deux fois par jour et c’est la première fois que je prête attention aux mouettes, songe-t-il. Je les regarde avec les yeux de cette femme. Elle a les mêmes yeux gris vert que l’autre… des yeux d’oiseau ou d’animal. »
Lorsqu’il accueille dans son bureau du ministère la réfugiée finlandaise venue demander un permis de séjour et de travail, le haut fonctionnaire est saisi : il croit reconnaître une jeune fille jadis aimée et qui s’est donné la mort cinq ans plus tôt par amour pour un autre. Simple hasard ou signe du destin ? Qui est cette « mouette » venue de si loin et qui prétend se nommer Aino Laine, « vague unique » en finnois ? 
Cette rencontre énigmatique, dont la tension est accrue par l’imminence de la guerre et l’attente d’un coup de téléphone, crucial pour l’homme comme pour le sort du pays, pourrait déboucher sur une révélation, à moins qu’elle ne fasse qu’épaissir le mystère des êtres.
Comme dans Les Braises, écrit un an plus tôt, ou Divorce à Buda, ce roman où s’exprime la subtilité du grand écrivain hongrois confronte un homme et une femme à leur passé dans un de ces face à face somnambuliques et prenants dont Márai a le secret.

Ils sont deux, un homme et une femme, un couple improbable. Ils se rencontrent à Budapest à un moment charnière de l’histoire du vingtième siècle mais leur face à face prend ses racines dans un autre temps, puisque lui croit reconnaître un amour passé, mort, et elle traverse l’Europe avec au coeur des images de dévastation en Finlande t des moments de cruelle insouciance quelque part en France. Leur rencontre, qui va se dérouler sur vingt-quatre heures à peine, est comme un pont entre Buda et Pest : lien fragile entre deux époques, deux pays, deux êtres qui se guettent, épient le mystère de l’autre, deux êtres que tout sépare et rassemble.

Je me réjouissais de retrouver la plume de Sandor Marai, dont j’ai déjà lu l’un ou l’autre titre (il y a si longtemps que je ne me souviens plus exactement de ce que j’ai lu). Le plaisir de l’écriture est certes intact, avec cette recréation d’un monde perdu et de sentiments que l’on prend le temps d’analyser, de détailler. Mais, si le mystère d’Aino Laine garde de son intérêt et de son épaisseur jusqu’à la fin, je me suis aussi un peu ennuyée dans ces tours et détours de l’âme, relatés quasi uniquement dans les monologues des deux personnages.

Peut-être la période ne se prêtait-elle pas à cette lecture contemplative… Cela ne m’empêchera pas de découvrir d’autres textes qu’Albin Michel et Le Livre de poche publient à nouveau.

Sandor MARAI, Les mouettes, traduit du hongrois par Catherine Fay, Albin Michel, novembre 2013

Un tout grand merci à Claire Mignerey et aux éditions Albin Michel pour l’envoi de ce livre !

Le beau billet de Jostein

Un quatrième titre avec lequel je décide de clôturer le challenge Animaux du monde chez Sharon.

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