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Présentation de l’éditeur :

Max Jacob est le 1er tome de Pablo, une série signée Birmant et Oubrerie qui, en 4 épisodes, racontera le quotidien de Picasso jeune homme, à Montmartre, entre 1900 et 1912.

Ce 1er opus de Pablo commence au Bateau-Lavoir, logement pour bohèmes situé au sommet de la Butte, où Picasso rencontra Fernande, le premier grand amour de sa vie. Il en fera des centaines de portraits. Au coeur de leur existence, il y aura les grands poètes – Max Jacob, le clown tragique amoureux fou de Picasso, et Apollinaire – et puis Gertrude Stein, sa jumelle visionnaire, le peintre Georges Braque, copain de cordée avec lequel il inventera le cubisme, sans oublier, au-dessus de la mêlée, avec ses lunettes cerclées de fer, le seul grand rival : Henri Matisse.

Pablo est une bande dessinée émouvante, un récit de vie(s) dense(s) et romanesque(s).

Que voilà une découverte intéressante que ce premier tome de la série Pablo, tant sur le plan de l’histoire (signée Julie Birmant), du personnage principal, du monde de la peinture début 20e siècle à Paris, que sur le plan du graphisme et des couleurs (de Clément Oubrerie).

Quand il débarque d’Espagne à Paris, Picasso trouve rapidement le succès grâce à son agent Manach et à des marchands d’art qui écoulent ses toiles, sans doute assez conventionnelles et faciles à vendre. C’est la rencontre fortuite avec le poète Max Jacob, avec ses mots, ses rimes, qui va changer la vision artistique de l’artiste (et aussi la vie de l’écrivain…) On se promène avec les Espagnols exilés sur les grands boulevards et surtout sur la Butte Montmartre et le célèbre Bateau-Lavoir.

Pour la naissance du cubisme et du Picasso le plus connu aujourd’hui, il faudra attendre sans doute le tome 4, annoncé pour le 21 mars 2014. Dans ce numéro 1, baladons-nous dans Paris, découvrons les personnalités de l’époque (comme le galeriste Vollard) et surtout goûtons le choix narratif de Julie Birmant qui alterne (sans transition, mais on s’y retrouve bien) le quotidien du peintre à Paris et l’histoire de Fernande, la narratrice « vieille », qui se souvient de ses années de jeune femme mal aimée, mal mariée, qui finira par quitter son époux violent, deviendra modèle à Montmartre et rencontrera… Pablo. (Heureusement que les trois tomes étaient dispo à la bibli, mon avis sur les 2 et 3 ne saurait tarder !)

Ce que j’ai apprécié dans le dessin de Clément Oubrerie, c’est la sinuosité des lignes, qui correspond bien, je trouve, à ce début de siècle. Le trait est simple, les visages parfois un peu frustres, mais les couleurs sont belles, réalistes, nuancées, posées elles aussi avec simplicité. La mise en page est assez classique mais les planches se parent de temps en temps d’une illustration pleine page, voire d’un face à face en double page sur Fernande et Pablo qui ne se connaissent pas encore mais ont déjà des points communs dans l’attitude, de belles vues de Paris, de Montmartre, du Bateau-Lavoir, qui semblent bien documentées.

Une belle découverte, disais-je, que je ne demande qu’à poursuivre !

Julie BIRMANT et Clément OUBRERIE, Pablo – tome 1 : Max Jacob, Dargaud, 2012

Jérôme, MangoSophie ont aimé et en parlent bien mieux que moi, Géraldine a nettement moins apprécié !

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