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Présentation de l’éditeur :

Ce 2e album de Pablo commence avec un Picasso délaissé par Fernande, qui boude l’artiste sans le sou. Guillaume Apollinaire, jeune poète érudit, et Max Jacob vont aider le peintre à reconquérir le coeur de sa fiancée. Puissances occultes et stratagèmes de poètes fougueux finiront par ramener Fernande à Pablo, fou d’elle. Nous sommes en 1905, la peinture de Picasso intéresse moins les marchands. Pas pour longtemps… les Stein, Américains éclairés et mécènes, débarquent à Paris, lui achètent des toiles et invitent le couple chez eux. Avant de partir pour l’Espagne avec Fernande, l’artiste, fasciné par le charisme de Gertrude Stein, commence son portrait.

Présentation de l’éditeur :

Dans ce troisième épisode de Pablo, Picasso fait vivre à Fernande un western à dos d’âne dans le village le plus reculé de Catalogne : Gosol. Là, il fricote avec des contrebandiers primitifs. Son art s’épure et il crée de nouveau ; les chefs-d’oeuvre s’accumulent. Une nuit, le couple doit fuir une prétendue épidémie de typhoïde. Picasso serait-il paranoïaque ? Fernande en est persuadée. Mais de retour dans leur atelier parisien étrangement dévasté, elle commence à douter… Et si Dieu se jouait vraiment de Pablo ? Au Bateau-Lavoir, Picasso termine le portrait somptueux de Gertrude Stein. Le peintre est mûr pour rencontrer son principal rival : Henri Matisse. Tout oppose ces deux hommes, et Picasso, en cet automne 1906, n’a plus qu’une idée en tête : clouer le bec à ce Français ringard avec un tableau révolutionnaire… Le Bordel !

On retrouve dans ces tomes 2 et 3 le joyeux petit monde déjanté des artistes de Montmartre, autour de Picasso, Max Jacob, Apollinaire, Matisse, dont Picasso sera follement jaloux, André Derain, Gertrude Stein originale, passionnée et dénicheuse de talents, sous l’oeil de Fernande, qui essaye de suivre tant bien que mal les frasques, les errances, les croyances de son Pablo.

Si le dessin est toujours aussi attirant (je trouve même qu’il s’améliore d’album en album) avec son trait aussi souple que les mèches folles qui s’échappent du chignon de Fernande, ses couleurs, ses ambiances, ses vues de Paris qui ne donnent qu’une envie, s’y promener à longueur de journée, le scénario m’a paru un peu faiblard dans le deuxième tome et le troisième n’a pas apporté grand-chose, me semble-t-il : Picasso est toujours en train de chercher une manière nouvelle de peindre, il cherche l’inspiration dans des expériences « borderline » (excusez-moi, je ne sais comment le dire en espagnol), il rencontre des personnalités toutes plus originales et énigmatiques les unes que les autres. Ainsi par exemple, on découvre les « dessous » du château familial de Guillaume Apollinaire, ça vaut son pesant de cacahuètes !

Mais bon, peut-être que j’attendais un peu trop d’en savoir plus sur l’activité artistique de tous ces messieurs (car le milieu est très masculin, évidement, à part Marie Laurencin, qui fait une apparition… remarquée), et du coup ne voir que leurs soirées à boire et à admirer (ou pas) les oeuvres des autres que l’on voit d’un peu loin, les rats, les poux qui infestent le Bateau-Lavoir… ça m’a un peu lassée. Je trouve aussi que Fernande aurait parfois mérité un peu plus de compassion dans la vraie vie et dans la BD. Je suis quand même curieuse de lire le tome 4, qu’on annonce pour mars prochain et dont la couverture parle clairement de la naissance du cubisme…

Julie BIRMANT et Clément OUBRERIE, Pablo, tomes 2 – Apollinaire et 3 – Matisse, Dargaud, 2012 et 2013

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(Pas de rendez-vous chez Mango ce mercredi pour cause de vacances parisiennes mais je publie quand même un billet aujourd’hui et un autre est en projet pour la semaine prochaine.)

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