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Présentation de l’éditeur :

Claire, une jeune fille solitaire et souvent livrée à elle-même, se glisse un jour dans une décharge laissée à l’abandon au fond de son jardin. Soudain, au milieu de toutes sortes de vieux objets hétéroclites, un vif éclat de lumière l’éblouit. Il provient d’un miroir brisé en forme d’étoile irrégulière. Le miroir est magique et le monde qu’il reflète tellement plus beau que celui dans lequel elle vit. Et si les rêves avaient le pouvoir de changer le monde ?

Le premier roman jeunesse de Jonathan Coe se présente comme « une fable intemporelle pour le plaisir des lecteurs de tous âges ». Comment ne pas penser d’abord à Alice au pays des merveilles, avec ce morceau de miroir qui transforme la réalité et ce nom de Peter Lewis (compagnon de classe de l’héroïne, Claire), certainement pas choisi au hasard !

Mais ce roman va plus loin, puisqu’il fait grandir petit à petit son personnage principal, Claire, qui passe de l’enfance à l’adolescence et se rend compte que ses rêves d’enfant se ternissent, que l’injustice règne, que le monde sécurisant de ses parents tremble sur ses fondations et que la ville où elle habite est sale et moche (le genre choisi n’empêche pas Jonathan Coe de faire des références concrètes à de vraies situations britanniques, sans doute !).

Les désillusions, les blessures de l’adolescence s’ouvriront heureusement sur de la lumière, à découvrir en lisant ce petit livre qui fait du bien. Il nous parle de la solitude et de la solidarité, il nous dit que les rêves d’enfant peuvent toujours nous porter en grandissant à condition de ne pas gommer la réalité du monde qui nous entoure, il nous invite « à bien réfléchir et à travailler ensemble » pour un monde plus humain.

Les illustrations de Chiara Coccorese, dans un style mi-réaliste mi-rétro ne m’ont pas toujours plu mais j’ai aimé la petite surprise de la fin qui vaut mieux qu’un grand discours. Un joli cadeau pour des jeunes à partir de 11 ans – que je vais m’empresser de faire !

« Il lui semblait que le grand thème de l’histoire était la quête de la justice, la lutte pour que tout homme ait la chance de tirer le meilleur parti de sa vie. Sauf que régulièrement les choses tournaient mal, on commettait les mêmes erreurs, les faibles étaient incapables de se défendre parce que c’étaient toujours les riches et les puissants qui déterminaient le cours des événements. Elle repensait à la fête du Sport, il y avait tant d’années, où elle avait tenté de prendre le parti de son amie, et où personne n’avait voulu l’écouter parce que chacun avait son idée derrière la tête, ses intérêts personnels, ses objectifs à atteindre. Elle prit conscience qu’elle avait appris une leçon importante ce jour-là, et qu’elle pourrait apprendre la même en observant le répertoire infini de péripéties semblables qui composaient l’histoire majuscule de l’humanité, laquelle se répétait en spirale. » (p. 68-69)

Jonathan COE, Le miroir brisé, traduit de l’anglais par Josée Kamoun, illustrations de Chiara Coccorese, Gallimard jeunesse, 2014

J’ai craqué, je me suis réinscrite au challenge God save the livre, ce sera mon premier billet pour 2014, et je l’inscris aussi au Petit bac (Objet) pour une deuxième ligne.

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