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En ce mois belge, voici un texte particulièrement… frappant, de Henri Michaux ! Il a une valeur de souvenir, ce Grand combat : c’est un texte qu’on aimait choisir, et dire, et éructer presque, au cours de Déclamation, au Conservatoire… Ca ripe, ça râpe, ça invente, ça cogne !

 

Il l’emparouille et l’endosque contre terre;
Il le rague et le roupète jusqu’a son drâle;
Il le pratèle et le libucque et lui baroufle les ouillais;
Il le tocarde et le marmine,
Le manage rape à ri et ripe à ra.
Enfin il l’ecorcobalisse.
L’autre hésite, s’espudrine, se défaisse, se torse et se ruine.
C’en sera bientôt fini de lui;
Il se reprise et s’emmargine… mais en vain.
Le cerceau tombe qui a tant roulé.
Abrah ! Abrah ! Abrah !
Le pied a failli !
Le bras a cassé !
Le sang a coulé !
Fouille, fouille, fouille.
Dans la marmite de son ventre est un grand secret.
Mégères alentour qui pleurez dans vos mouchoirs;
On s’étonne, on s’étonne, on s’étonne
Et on vous regarde
On cherche aussi, nous autres, le Grand Secret.

Henri MICHAUX, Qui je fus, Gallimard, 1927

Pour tout savoir sur Henri Michaux, commencez par ici.

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