Quatrième de couverture :

C’est le roman du fleuve, de l’Escaut-roi, du mariage, toujours à préserver, des eaux avec les terres qu’elles irriguent et qu’elles minent. C’est le roman d’une femme attachée au fil des saisons, à la surveillance des digues, au combat d’amour avec l’eau. Mais il arrive que les digues cèdent, que le désir soit plus fort. Alors il faudra que la Comtesse de des digues choisisse et qu’elle trouve entre l’homme qu’elle va épouser et le fleuve une nouvelle harmonie.

Marie Gevers a eu son petit succès, il me semble, pendant ce mois belge, alors voici mon billet à moi ! Celui-ci sera donc consacré à La Comtesse des digues. Premier roman de Marie Gevers et première rencontre avec cette auteure en ce me concerne.

Au cœur de ce roman, une jeune femme, Suzanne, dont le cœur et les sens balancent entre deux hommes – Triphon et Max Larix. Autre personnage central, l’Escaut : plus qu’un décor, le fleuve se révèle un rival de poids face aux deux prétendants. En effet, Suzanne vit par et pour l’Escaut depuis qu’elle est enfant. Son père, comte des digues (dyckgraef : directeur d’un important réseau de digues) officiel, meurt au début du roman. Mais depuis quatre ans déjà, c’est Suzanne qui remplit les fonctions paternelles. A tel point qu’il paraît évident à – presque – tout le monde que le titre de comte(sse) des digues, laissé vacant par son père, lui revient en toute légitimité. Même si sa condition de femme ne ravit pas tout le monde. La solution serait évidemment de se marier : au mari le titre, à Suzanne les fonctions. Mais Suzanne refuse de faire un mariage d’affaires. Et redoute d’abandonner sa solitude (et sa liberté)… et d’être infidèle à son fleuve à qui elle s’est offerte. Mon cœur est à l’Escaut, dit-elle.

Pourtant deux hommes ne la laissent pas indifférente. Le premier, Triphon, la trouble énormément. Triphon est semblable à l’Escaut, met ses sens émois. Mais Triphon serait une mésalliance. Sa tante et d’autres ne manquent pas de le lui rappeler. Le second, Max Larix, est de bonne condition, leurs pensées et leurs goûts s’accordent, mais son attitude changeante et indéchiffrable la déstabilisent : l’aime-t-il, est-il indifférent, est-il intéressé par elle uniquement pour un mariage d’affaires ?

 

Au fil de quatre saisons, nous suivons Suzanne, ses hésitations, ses rêves, ses élans… Un récit tout en douceur, au fil de l’eau, de la nature… Une atmosphère apaisante et reposante… Et une très belle écriture. Je ne manquerai pas de retrouver Marie Gevers pour d’autres beaux moments de lecture, je n’en doute pas.

Marie GEVERS, La comtesse des digues, Espace Nord, 1998

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