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Présentation de l’éditeur :

Françoise Lison-Leroy habite Tournai, où elle enseigne le français à des adolescents. Poète et nouvelliste, elle collectionne les récompenses littéraires. Colette Nys-Mazure enseigne elle aussi le français à Tournai, où elle habite. Poétesse très publiée et primée, elle a connu en 1997 un étonnant succès de librairie avec Célébration du quotidien [Desclée de Brouwer]. Après avoir publié séparément chez Luce Wilquin l’an dernier [«Dites trente-deux» pour Françoise et «Enfance portative» pour Colette), les deux écrivaines ont retrouvé leur complicité pour ce recueil à deux voix.

Dans leur parcours à deux voix et quatre mains, nos deux poétesses ont osé un projet insolent : rendre par des mots l’univers de toiles. Non pas les décrire, non, mais en restituer l’émotion. Pari tenu!

Encore une pioche très régionale, ça c’est pour le clin d’oeil perso mais bien sûr, le rayonnement de ce petit livre de la collection Zobéide de Luce Wilquin dépasse largement le Musée des Beaux-Arts de Tournai (dessiné par Horta, je le signale au passage…) où les deux poétesses ont puisé l’inspiration de ces textes. Elles expliquent leur projet et leur démarche au début de l’ouvrage : pendant plusieurs mois, elles sont allées au musée, se sont arrêtées devant un tableau ou un dessin, l’ont regardé, contemplé, puis dans un café de la Grand-Place toute proche, elles ont écrit chacune leur « lecture » poétique de l’oeuvre, les ont mises en miroir, ajustées et ont recopié le texte retenu dans un « carnet de papier gris, portant l’effigie de Virginia Woolf ». Le résultat : une soixantaine de textes, poèmes, poèmes en prose que l’on peut picorer au hasard des pages, sans que l’on sache d’emblée à quel tableau ils s’attachent. On peut donc « consulter l’index ou jouer aux devinettes ». Et aussi, comme j’en ai l’intention, même si le conservateur n’est plus le même et que l’accrochage change régulièrement, aller se promener au musée livre en main et goûter l’alliance des poèmes et des tableaux…

Je vous propose quelques extraits, en essayant de placer le bon tableau mais je ne vous garantis absolument pas que c’est le tableau qui se trouve au musée, car il en existe parfois plusieurs versions différentes avec des titres qui varient. Pour le texte lié à Verméeer, il est évident que notre « petit » musée de Tournai ne possède pas de toile de Vermeer, il s’agit sans doute d’un dessin dont je n’ai pas trouvé de reproduction, j’en mets un autre à la place.

« vu du ciel

le clocher rassemble la nuit

les anémones et leur accord

bleu

le voile de fumée

surgies de cent feux ravageurs

sapins et lunes

rouges bonnets d’argile

le village a le tournis

seul un nuage

garde les quatre pieds sur terre »

(p. 49)

Paul Klee, Landschaft der Vergangenheit

« Elle dit : quand j’écris, à toute heure, je recompose l’univers et ma vie ; je reprends maîtrise du flux qui m’entraîne, parfois contre mon gré. Je cherche un sens à ces mouvements épars, dispersés.

Ce que d’autres demandent au violon, à l’aquarelle ou à la randonnée, je le surprends dans ces feuillets, ces caractères sombres, ces signes de la main, tracés sans répit.

Je me ressaisis, je me rassemble.

Par la fenêtre, elle voit, au-dessus de la balançoire, l’aurore qui hésite à s’élancer. » (p. 55)

Vermeer, La femme en bleu lisant une lettre (Rijksmuseum, La Haye)

« bouquets d’ange

pour un jour à étreindre

certains bleutés

d’autres en ciel et en neige

mille soleils à leurs guêtres

le pays soulevé

noue

les liens du printemps » (p. 65)

Marc Chagall, Les Fiancés dans le ciel à Nice

Quelques vues du Musée des Beaux-Arts

Vue aérienne du musée avec ses grandes verrières

La salle que l’on découvre dès l’entrée, d’où partent les galeries rayonnantes

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