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Présentation de l’éditeur :

Le Comte de Flandre voulait un descendant. Il n’aura qu’une fille : Marguerite‚ née par une nuit glaciale de décembre 1347. A quatorze ans‚ Marguerite rêve de valeureux chevaliers‚ mais les princes qu’on lui présente ne sont que de pâles soupirants souffreteux qui ne résistent pas à son caractère bien trempé et à ses effronteries. Un jour‚ son père lui annonce qu’il est temps qu’elle se marie‚ il a choisi pour elle le fils du roi d’Angleterre. Marguerite se rebelle.
Marguerite raconte avec ironie et ce qu’il faut d’impertinence : sa naissance‚ son enfance‚ ses aspirations‚ comment elle contourne les obligations dues à son rang‚ comment elle affronte son père‚ comment être une femme dans un monde d’hommes.

Les auteurs :

Jean-Claude van Rijckeghem [né en 1963] – Ecrivain, scénariste et producteur belge. Après avoir été traducteur, reporter et journaliste, il a créé en 1994 la société de production A private view située à Gand.

Pat van Beirs – Ecrivain et scénariste belge. Il a réalisé l’adaptation en néerlandais de plusieurs longs-métrages d’animation (Chicken run, Monstres et Cie, Le monde de Nemo).

Les deux auteurs écrivent souvent « à quatre mains », pratique peu courante dans notre pays ou en France. Leur collaboration a, à l’heure actuelle, abouti à la rédaction de trois romans destinés à la jeunesse. Ils ont également rédigé le scénario de
Aanrijding in Moscou (Moscow/Belgium) pour lequel ils ont obtenu le prix de la SACD lors du Festival de Cannes en 2008. Notons que la traduction de l’ouvrage a, elle aussi, été réalisée à quatre mains !

Pour terminer ce mois belge, voici un roman historique, un roman publié par une maison belge spécialisée en jeunesse et un roman à quatre mains…flamandes ! (eh oui, c’est le billet que je n’ai pas eu le temps de rédiger hier)

Une sacrée personnalité que celle de Marguerite de Male, fille du comte de Flandre, dont la narration commence… par le récit de sa propre naissance, difficile pour sa mère et décevante pour son père qui attendait évidemment un héritier mâle. Nous sommes en 1347 et la guerre de Cent Ans va bientôt déchaîner les foudres anglaises sur les terres de France. Le comte de Flandre ira soutenir le roi de France (qui sera emmené prisonnier avec son fils en Angleterre) et reviendra blessé dans sa chai et dans on orgueil de la guerre. Oui, mais les très influents maîtres de guildes flamands, dont la prospérité dépend de la laine des moutons anglais, veulent contraindre le comte de Flandre à s’allier au roi d’Angleterre. Ce qu’il fera en fiançant sa fille au duc de Cambridge.

Pendant ce temps, Marguerite grandit, très vite privée de la présence de sa mère, rendue folle par des grossesses multiples et tragiques et la mort d’un garçon en très bas âge. Elle se frotte aux garçons du château, multiplie les bêtises de garçon manqué en les entraînant dans des courses folles. Son goût de la désobéissance s’assortit d’un sacré flair pour être au mauvais endroit au mauvais moment ! Elle n’a pas sa langue en poche non plus et ne manque pas de courage. Il lui en faudra le jour où le fiancé, Edmond, arrive enfin au château de Male et se présente à elle…

Ce récit plein de rebondissements trace non seulement le portrait d’une fille, d’une très jeune femme hors du commun pour son temps mais aussi le portrait d’une époque, d’une vie de noblesse encore très marquée par la chevalerie, avec ses coutumes, ses habitudes alimentaires, sa médecine rudimentaire, ses croyances, ses superstitions. Un monde terriblement dominé par la loi des hommes, et dans lequel Marguerite détonne à tous points de vue. Cette jeune femme qui ose ainsi s’affronter à son père et à son promis est tout à fait originale pour l’époque. En témoigne aussi la scène de fin qui répond par son audace à la violence de la naissance de la jeune fille rebelle.

Le livre se termine quand elle a environ vingt ans et on aurait aimé la suivre durant toute sa vie de comtesse de Flandre. A noter aussi le petit bémol lié à la couverture : il n’est pas très attirant, ce visage peu amène (il y a trois ans, le livre avait été sélectionné pour le Prix Farniente et aucun de mes élèves ne l’avaient choisi, la couverture y est sans doute pour quelque chose – et cela explique que je ne le sors que maintenant de la PAL) et surtout, il s’agit d’une peinture de Léonard de Vinci pour un livre 100 % flamand, c’est quand même un peu bizarre. Mais cela ne m’a pas empêché de passer un bon moment en compagnie de Marguerite de Male, comtesse de Flandre et de Brabant !

Jean-Claude van RIJCKEGHEM et Pat van BEIRS, La jeune fille rebelle, traduit du nerlandais (Belgique) par Jean-Philippe Bottin et Anne Rogghe, Mijade, 2009

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