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Quatrième de couverture :

Ils ont des marottes, des routines, des habitudes. Derrière ces gestes quotidiens se cachent des secrets, une révolte étouffée, ou simplement l’amour. Parfois, les habitudes se brisent et l’ordinaire vole en éclats.

Manipulés sans ménagement, souvent avec humour, mais toujours avec tendresse, les personnages de ces nouvelles surprennent et dérangent par leur sincérité brutale – qui n’est souvent que le reflet de la difficulté à vivre que nous éprouvons tous

Emmanuelle Urien vit à Toulouse. Après des études de lettres, langues et finance internationale, elle est aujourd’hui traductrice et écrivain. Elle a publié plusieurs recueils de nouvelles, d’abord pour Quadrature, ainsi que deux romans chez Gallimard et Denoël. Elle est également auteur de théâtre et musicienne… mais, c’est décidé, elle ne se mettra pas à la peinture.

Grâce à Flo qui a fait voyager ce recueil (merci à toi !), j’ai enfin découvert Emmanuelle Urien après avoir lu des avis élogieux à propos de ses recueils précédents sur les blogs.

J’ai un peu de mal à parler de ces nouvelles, et pourtant elles ne m’ont pas déplu, loin de là ! La première Pain, beurre et chocolat m’a touchée, je me suis sentie, malgré la fin qui ne surprend pas, en empathie totale avec ce garçon orphelin perturbé, embringué dans le tourbillon sportif que lui imposent ses parents adoptifs.

La nouvelle qui donne son titre au recueil est placée en second lieu et met encore en scène une gamine perdue qui rêve d’évasion.

J’ai adoré la troisième Les pieds dans le plat, « parasitée » par une obsession de gigot et qui file allègrement la métaphore culinaire. L’humour noir est également très présent dans Tableau de chasse dont la chute m’a fait grincer des dents !

De coups, de violence familiale, il est également question dans Têtes mortes, à la fois portrait plein de pitié d’un groupe de sans abri et analyse acérée d’une relation destructrice. La chute en rajoute une couche.

Insulaire trouve bien sa place à la fin du recueil, même si elle m’a paru nettement plus froide, détachée.

D’autres nouvelles m’ont laissée un peu sur le côté, soit parce que je n’ai pas bien compris le lien entre leur fonctionnement, leur histoire interne et leur chute comme dans Mécanique de l’attente ou The sock issue, soit parce que je l’ai trouvée trop longue (Bateau sur l’eau).

Au final, dans les nouvelles appréciées, j’ai aimé la qualité du regard et tour à tour l’empathie et la pointe acérée dans l’observation d’Emmanuelle Urien. Elle assaisonne sa plume d’une pointe d’humour noir qui tombe à pic. J’ai aussi apprécié la musicalité de son écriture.

Bref une découverte un peu mitigée mais qui ne m’ôte en rien l’envie de découvrir d’autres textes de l’auteure !

Emmanuelle URIEN, Le bruit de la gifle, Quadrature, 2014

L’avis de Flo (encore merci !) et celui de Mina

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