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Présentation de l’éditeur :

1914, l’Europe s’embrase.
À l’autre bout du monde sur une île du Pacifique, un groupe d’individus réunis par les ombres du passé se lance dans une quête terrifiante qui les mènera des tropiques jusqu’à un secret enfoui sur les rives de la Garonne.

Partie retrouver la trace d’un père disparu, c’est sur le pont d’un navire, en plein coeur de l’Océan Indien, que Léonie de Sars fait la connaissance du capitaine Lukian Bruckner et de sa nièce Magdalena. Tout son être lui crie de s’éloigner au maximum de ce rustre misanthrope, aussi impitoyable que « son » océan. Seulement voilà, le détestable personnage est également le dernier être à avoir vu son père en vie. Au premier port, Léonie n’a d’autre choix que d’embarquer avec Lukian, ses secrets et la mutique Magadalena, dont l’âme semble lui avoir été arrachée par une éducation entre haine et dureté des flots… 

Ces couvertures somptueuses ont attiré mon oeil à la bibli ! Et aussi le fait que ce soit une aventure en deux tomes, pas besoin d’attendre une suite hypothétique avec impatience.

L’histoire n’est pas banale, puisqu’elle met en scène une jeune femme intrépide partie sur les traces de son père, disparu en voulant vivre ses rêves d’aventures exotiques. Léonie voyage seule et réussit à atteindre l’Indonésie alors que la guerre vient de commencer en Europe : nous sommes en août 1914. En voulant découvrir la vérité, et peut-être ramener son père à la « raison » commerciale de son entreprise, elle est obligée de s’allier Lukian Bruckner. Pour être sûre d’obtenir les renseignements qu’elle veut, la jeune femme dérobe un tableau auquel Lukian semble tenir par-dessus tout et le force à la suivre dans un voyage mouvementé qui les mènera aux portes de l’Europe. Je ne vous dis pas les multiples rebondissements auxquels sont soumis les personnages : tempêtes, vols, rencontres diverses sans compter la guerre avec laquelle il faut compter en approchant de la Turquie et du détroit des Dardanelles. Alliés et ennemis doivent avancer avec prudence et discrétion s’ils ne veulent pas être faits prisonniers… (Cela m’a un peu fait penser à Out of Africa…)

Il y a donc ce personnage de Léonie, assez révolutionnaire pour l’époque dans sa folle quête, auquel fait pendant la sauvage Magdalena, nièce de Lukian, au départ complètement paralysée par la brutalité de son oncle et qui va s’ouvrir petit à petit à la suite de Léonie. On se demande ce qui guide Lukian dans la vie, sa violence et sa rudesse laissent entrevoir autre chose, dont nous ne connaîtrons pas vraiment le fin mot.

Le dessin de Christophe Dubois, qui pilote seul la réalisation de ces deux albums (scénario, dessin et couleurs) est somptueux : c’est une profusion de détails, de couleurs, qui donnent à voir la violence de l’océan, la luxuriance de la végétation tropicale, la solitude des îles de l’Océan Indien, la richesse des expressions et des émotions, l’élégance des costumes, dans un trait fin et précis, une mise en page soignée et variée et une richesse de couleurs somptueuses.

Me seul petit bémol c’est peut-être qu’il se dégage quand même de l’ensemble une impression de froideur, la difficulté que j’ai eue à m’attacher au personnage de Magdalena (qui, en fait, n’est pas vraiment mise en avant, alors que c’est le titre du livre) mais cela n’enlève rien à la qualité du voyage et du travail artistique de Christophe Dubois !

Christophe DUBOIS, La ballade de Magdalena Tome 1 : La stratégie du poisson-flûte, Tome 2 : Une olive mûrit face à la mer, Le Lombard, 2012 et 2014

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