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Présentation de l’éditeur :

Londres, 1861. Grace Parkes, presque 16 ans, embarque à bord de l’express funéraire Necropolis, en direction du cimetière de Brockwood, pour y dire adieu à un être cher.

Elle fera là-bas une rencontre décisive en la personne de Mr et Mrs Unwin, entrepreneurs de pompes funèbres, qui lui proposent de devenir pleureuse d’enterrement. D’abord réticente, la jeune fille finit par accepter leur offre, et doit faire face aux manigances de cette famille peu scrupuleuse, prête à tout pour s’emparer d’un mystérieux héritage.

Mary Hooper, en s’inspirant de faits réels – à savoir l’épidémie de choléra de la fin des années 1840 et le réel culte du deuil qui s’est développé à cette époque –, nous livre une fois de plus un roman passionnant.

Les éditions des Grandes personnes proposent de beaux livres aux coins arrondis, aux couvertures colorées, à la mise en page aérée, agréable. Des livres normalement destinés aux adolescents. Eh bien c’est confirmé, j’ai toujours 15 ans dans la tête, car j’ai dévoré ce roman de Mary Hooper, j’ai été carrément séduite !!

C’est sûr, j’aime les romans victoriens, ou inspirés par l’époque, quoique je me trouve encore fort inculte en ce domaine, et le roman de Mary Hooper en possède tous les codes : deux jeunes orphelines courageuses et très pauvres livrées en pâture à la cupidité d’une famille véreuse, un héritage qui soulève de nombreuses convoitises, des recherches menées grâce à un charmant jeune homme, tous les ingrédients y sont ! Et même si on peut deviner l’issue du livre, on n’en est pas moins attaché à ces deux jeunes filles, Grace et Lily, on suit leurs aventures, on souffre avec elles, on s’inquiète, on devine les catastrophes que l’innocente Lily va provoquer bien malgré elle, on espère qu’elles trouveront de quoi survivre, on attend le dénouement et la confusion des méchants avec impatience.

L’intérêt de ce roman est aussi de présenter cette société victorienne et la ville de Londres sous l’angle de « l’industrie » du deuil, deuil auquel fut soumise toute la Grande-Bretagne lorsque le Prince Albert, mari de la Reine Victoria, mourut de la fièvre typhoïde en 1861. Entreprises de pompes funèbres, magasins dédiés, protocole et usages en vigueur dans toutes les classes sociales, codes vestimentaires, tout est mis en scène au travers d’un récit très vivant et bien documenté. Mary Hooper explique d’ailleurs en fin de volume quelles sont ses sources et ses centres d’intérêt dans l’écriture de ce roman, où Grace est éblouie, un jour de décembre 1861, par la vue du couple royal, et du beau Prince Albert en particulier dans les rues de Londres. La romancière utilise aussi les en-têtes de chapitre pour glisser des petites annonces de journaux, des faire-part de deuil, des publicités en tous genres, qui ont bien sûr un rapport avec l’histoire principale et le décor des rues londoniennes et lui apportent un contrepoint un brin ironique. Sans compter l’apparition de Charles Dickens en personne !

Le livre, de par son rythme qui ne faiblit pas et son intrigue resserrée, plaira évidemment aux adolescent(e?)s (l’éditeur le note « à partir de 12 ans », je ne suis pas vraiment d’accord, ça peut bien attendre 13-14 ans) mais je le conseille à tout le monde, sans réserve ! C’est pour moi une belle découverte, un joli coup de coeur et je vais me mettre en quête sans tarder des autres romans de Mary Hooper !

Mary HOOPER, Waterloo Necropolis, traduit de l’anglais par Fanny Ladd et Patricia Duez, Les grandes personnes, 2011

Mon premier billet lecture pour le Mois anglais, d’autres billets chez Lili (avec des photos du cimetière de Brookwood et de la ligne de train qui y menait), TitineSyl., et d’autres (voir la page FB du Mois anglais)… Et un lieu pour le Petit Bac et un livre anglais pour God save the livre, bien sûr.

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