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Présentation de l’éditeur :

Damien est un garçon trop sensible, méprisé par ses copains de classe depuis toujours et incompris de ses parents. Dès l’arrivée dans son nouveau collège, il se retrouve par miracle sous la protection de la bande de gothiques et de son leader, Samy, un garçon lumineux, intelligent et doux, en dépit de son look radical. Très vite, Damien devient Dam, adopte piercings et vêtements noirs et, surtout, trouve auprès de Samy un véritable ami, et peut-être plus, au point de déclencher des représailles chez son père, contre ces « mauvaises fréquentations ». 

Ce livre a été classé dans le top 10 de l’édition 2011 par ma librairie jeunesse préférée, ce qui justifiait amplement l’achat craquage en 2012. Mais le titre et la photo de couverture l’ont quand même tenu un certain temps à l’écart dans ma PAL,  d’autant que les avis sur ce roman sont très positifs.

Eh bien, comment dire ? Je suis très très perplexe et j’ai même hésité à rédiger un billet tant mes sentiments sont mêlés et difficiles à exprimer (à comprendre ?).

D’abord je n’ai aucune envie de révéler l’histoire du livre tant il est court (une centaine de pages) (quoique tant de billets ont déjà été rédigés, vous n’aurez aucun mal à tout savoir ou presque en cherchant un peu) : amours adolescentes, relations familiales, confiance, souffrance, mal-être, trop-plein d’émotions se mêlent et s’entremêlent autour du personnage de Damien et celui de Samy, deux garçons très différents, le premier en grande souffrance psycho-affective, le second épanoui et fondamentalement heureux de vivre. Deux garçons hyper-sensibles, l’un parle, l’autre serre les lèvres, l’un est calme et a des projets, l’autre bouillonne et évacue le trop-plein de ses émotions innommables dans un comportement à risque qui fait très mal… physiquement et à la lecture. Ce double visage se retrouve aussi dans le roman, avec une double fin, l’une plus que sombre, l’autre plus positive et il faut reconnaître ici le talent de Claire-Lise Marguier, le réalisme et l’empathie dont elle fait preuve nous portent au coeur de l’action, dans la tête et le coeur de Dam, le narrateur et nous font passer par toutes sortes d’émotions. Comme on dit, on lit « en apnée », bouleversé, violenté par ce récit d’une souffrance adolescente.

Et finalement, je me demande ce que je vais retenir de cette lecture… Je sais qu’une de mes élèves a vécu le même genre de « souffrance » et je la comprends peut-être un peu mieux maintenant. Je me dis aussi, une fois de plus, que sans doute plusieurs de mes étudiants grands ados vivent des difficultés familiales et psychologiques que je ne soupçonne pas et ça m’interpelle toujours.

Mais, par rapport à cette lecture percutante, je me demande si le maelström d’émotions qu’il provoque va déboucher sur quelque chose de plus réfléchi… Je suis bien sûre qu’un ado de seize ans comme Dam sera profondément touché par ce roman, je parle sans doute en tant qu’adulte, avec un peu de recul (ou une distance qui veut me protéger du trop-plein d’émotion ?? – je me connais…) D’un autre côté, les deux « fins », tout aussi probables l’une que l’autre, pèchent un peu par excès (toujours de mon point de vue d’adulte) : alors qu’on espère quand même une fin apaisée (mais comment ?), la fin violente nous laisse sur le flanc, tandis que la fin positive me paraît un peu trop rapide et facile, malgré la jolie dernière phrase qui ouvre sur l’espoir.

Ces bémols m’interrogent sur ma capacité à m’émerveiller devant certains romans jeunesse parlant de sujets de société ou de thèmes ados « difficiles » (je repense à mon agacement au début de J’ai quinze ans et je ne l’ai jamais fait). Et cela ne m’empêchera pas de le conseiller à mes élèves…

Claire-Lise MARGUIER, Le faire ou mourir, Le Rouergue, 2011

Encore une sortie de PAL et surtout le plaisir d’enchaîner des lectures par thèmes ou par mots (ici le mot « faire »)

Petit Bac 2014

(Verbe)

Objectif PAL

 

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