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Présentation de l’éditeur :

Un thriller psychologique aux accents hitchcockiens… Sandra, une jeune femme d’une trentaine d’années, a décidé de venir s’installer dans un village isolé de la côte est espagnole. Un peu paumée, Sandra – qui vient de quitter un emploi qu’elle détestait et un homme qu’elle n’aimait pas mais dont elle attend un enfant – ne sait pas quoi faire de sa vie. Alors qu’elle passe de longues heures sur la plage, perdue dans ses pensées, Sandra fait la connaissance des Christensen, un couple d’octogénaires norvégiens installés dans le village depuis des années. Rapidement, le lien qui unie Sandra à ce couple devient plus qu’une simple amitié. Ils la prennent sous leurs ailes, décident de l’aider et la traitent comme la petite-fille qu’ils n’ont jamais eue. Mais un vieil homme tout juste débarqué d’Argentine, Julian, va venir perturber cette union fragile. Il révèle en effet à Sandra qu’il est un survivant du camp de Mauthausen, et que les Christensen ne sont ceux qu’ils prétendent être. Donnant au départ que peu de crédit à l’histoire de Julian, Sandra, étudiant les allées et venues de Karin et Fredrik et considérant leurs silences, finit tout de même par considérer le couple de Norvégiens sous un nouveau jour. Mais elle ne réalise pas encore que la fin de son innocence met sa vie en danger…

Je ne ferai pas un très long billet pour ce livre dont le point de départ et la thématique semblaient très intéressants mais qui, au final, se révèle traîner en longueur sans vraiment de profondeur et se terminer comme si l’auteur ne savait trop comment finir.

Une note de fin nous apprend que de nombreux anciens nazi sont réellement venus se cacher « dans le doux climat des côtes du Levant », ce que j’ignorais (je croyais qu’ils avaient tous fui en Amérique du Sud quand ils le pouvaient). Sur la chasse aux anciens nazis, sur la « captation » par eux d’une jeune femme un peu paumée et la manipulation dont elle est l’objet, sur la réflexion sur le mal absolu, sur le masque du bien dont il se couvre habilement, il y aurait eu matière à un roman intéressant s’il avait été fouillé psychologiquement. Mais les deux voix de Sandra et de Julian qui alternent se contentent souvent de raconter les choses de manière très extérieure, en restant le plus souvent dans l’observation. C’est d’ailleurs ce qu’ils font le plus souvent dans le roman : ils observent, prennent des notes ou mémorisent, se font des comptes-rendus selon des rituels et des itinéraires très routiniers finalement, alors qu’ils sont en face de gens qui semblent assez organisés et encore assez dangereux pour instiller la peur et le doute dans les esprits.

Mais bon, si le début du roman est vraiment intéressant, le tout se traîne en longueur et tout à coup, sans qu’on comprenne bien pourquoi, à la page 377 (sur 441 !) Julian se retrouve sans inquiétude devant le chef du groupe d’ex-nazis et ils s’exposent leurs opinions le plus tranquillement du monde, tandis que Sandra, brûlante de fièvre et retenue de force par les Christensen, parvient à s’échapper sans encombre avec son gros ventre. Quant à l’épilogue, qui n’en porte pas le nom, mais c’est tout comme, il nous est servi comme si ces deux protagonistes avaient (presque) complètement occulté la lutte oppressante qu’ils ont menée pendant plusieurs semaines contre la clique des Christensen, comme si leurs sentiments d’avant étaient complètement anesthésiés. Je suis ébahie de voir comment Julian reste en Espagne à la fin, sa relation à sa fille restée à Buenos Aires restera une énigme totale pour moi…

Tout compte fait, le livre est à l’image de sa couverture : d’une grande froideur. Dommage…

Clara SANCHEZ, Ce que cache ton nom, traduit de l’espagnol par Louise Adenis, Marabout, 2012

Détail technique : au bout de trois lignes de lecture, il y avait déjà une faute d’orthographe grosse comme une maison : « de son regard noir pénétrant et un peu effrayéS ». Plusieurs fautes émaillent le texte : petits mots oubliés, fautes d’accords ou d’usage (« on lui enlevait l’espoir en même TANT que la vie » !!), erreurs de concordance de temps, tout y passe. Cela ne fait jamais qu’un quinzaine de fautes peut-être mais cela m’irrite (et me fait même sortir de mes gonds) et révèle un manque de professionnalisme désolant… (Cela dit, dans n’importe quelle édition maintenant, même réputée, il y a des fautes consternantes…)

C’est chez Sandrine (Tête de lecture) que j’avais entendu parler de ce bouquin.

Petit Bac 2014(Verbe)

 

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