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Quatrième de couverture :

« Bree, Celia, April et Sally avaient quitté leurs chambres de bonnes et emménagé à l’étage principal. Elles laissaient leurs portes ouvertes pendant la journée et criaient simplement pour se parler. Elles se vautraient sur les divans du salon après le repas du soir, se racontant des ragots et se lisant à voix haute des passages du New Yorker et de Vogue.» Elles se sont connues et aimées à l’université de Smith, haut lieu de la culture féministe. Le temps, le mariage, la vie d’adulte les ont séparées, jusqu’à la disparition de l’une d’entre elles. Face aux déceptions de l’existence, rien n’est plus précieux que les souvenirs et les amies des années de fac. Bree, Celia, April et Sally vont s’en rendre compte.

Après La Promo 49, voici un roman du monde étudiant (mais pas seulement), version féminine. Ses quatre héroïnes ont choisi d’étudier dans une des sept universités exclusivement féminines des Etats-Unis, Smith. Les raisons de leur choix sont variées, tout comme leurs origines et leur histoire : Bree vient du Sud, très attachée à sa famille, elle est déjà fiancée quand elle arrive à Smith mais elle rêve de poursuivre ses études de droit à Stanford. Celia vient de Boston et aimerait se lancer en littérature. April a été élevée par une fille-mère et se nourrit de combats militants et féministes. Sally vient de perdre sa mère et ne semble pas très entourée par le reste de sa famille.

Quatre filles, quatre histoires qui se rejoignent à la rentrée 2002 et vont évoluer dans ce campus qui a vu « naître » de grandes militantes de la cause des femmes (et où Sylvia Plath a également étudié !) : l’une après l’autre, elles révèlent leurs rêves, leurs désirs, leurs secrets, leurs engagements, leurs chagrins. Quatre ans plus tard et contre toute attente, l’une d’elles se marie et les voilà à nouveau toutes rassemblées… et bientôt séparées. Entre les rêves de leur jeunesse étudiante et la réalité de leur vie adulte, le grand écart s’est parfois creusé. Mais ce fondement, ce regard sur l’existence que leur a donné Smith reste une source aussi sûre que l’amitié qui les lie.

Roman à la fois profondément américain et profondément universel, Les Débutantes parle des femmes et de leur vie, de leur indépendance, des différentes conceptions du féminisme (combatif pur et dur ou confortablement bourgeois) à travers quatre filles très attachantes : on se sent un peu devenir leur amie à chacune, on découvre leurs valeurs, leurs failles, l’envers du décor et chacune est sympathique à sa manière. Dans un style très enlevé et non dénué d’humour, J. Courtney Sullivan construit un roman captivant, difficile à lâcher (il m’a tenue en alerte deux jours et un bon bout de nuit, j’ai particulièrement apprécié la coupure entre les deux parties qui m’a permis de souffler un tout petit peu pour rester plus longtemps en leur compagnie) et comme je suis une lectrice facile, je me suis laissé mener par le bout du nez jusqu’à la fin, qui a réussi à me surprendre encore et toujours !

Bref, un joli coup de coeur !

J; Courtney SULLIVAN, Les Débutantes, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Frédéric Collay et Anne-Laure Paulmont, Le livre de poche, 2013

Objectif PAL

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