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Aujourd’hui, 16 août, on commémore la fin de la bataille de Liège en 1914 : « Au lendemain de l’explosion du fort de Loncin par les Grosse Bertha allemandes, le dernier fort liégeois à résister, celui de Hollogne s’est rendu le matin du 16 août.. La bataille de Liège, la première menée par l’empire allemand durant la Première Guerre Mondiale, s’est terminée ce jour-là. » (Source : L’Avenir, 16 août 2014)

Je pensais présenter cette BD plus tard mais je fais une exception à la pause pour être en adéquation avec la date anniversaire (de toute façon le billet était déjà rédigé).

Présentation de l’éditeur :

La Première guerre mondiale a débuté par l’attaque allemande sur la Belgique. Au fort d’Embourg (Liège), deux frères sont envoyés en mission périlleuse par leur commandant. Nécessité militaire ou cynisme d’un gradé issu d’une famille de patrons à l’encontre de subalternes agitateurs sociaux et militants du suffrage universel avant-guerre ? Le frère cadet de ces derniers se persuade qu’il doit « faire justice » en retrouvant le commandant replié avec ce qui reste de l’armée belge, près de Dunkerque. Sa mère et sa soeur, désormais seules, se lancent à sa poursuite… Un passé et des antagonismes plus lointains vont resurgir mais la guerre bouleverse les destinées. La vengeance a-t-elle encore un sens ?

Cette BD de fiction puise dans l’Histoire belge pour mettre en scène une famille d’ouvriers avant et pendant la Grande Guerre. Elle exploite la résistance des forts de Liège dans les premiers jours de la guerre, la Belgique seul pays occupé par les Allemands en 14-18, le cordon de barbelés que ceux-ci avaient établi sur la frontière entre la Belgique et les Pays-Bas pour empêcher toute tentative d’évasion (y compris la Meuse barrée d’un câble électrique pour repousser les bateaux) mais surtout les luttes et tensions socio-politiques qui agitaient aussi la Belgique avant 1914 et que la guerre a exacerbées : les ouvriers réclamaient le droit de vote à l’égal des patrons, des riches qui disposaient alors de trois bulletins de vote contre un pour les petits. (Dès la fin de la guerre, le roi Albert Ier incitera d’ailleurs le Parlement belge à adopter le suffrage « égalitaire ».)

A travers la famille Dejardin, qui a perdu trois de ses hommes et dont les femmes cherchent courageusement à comprendre ce qui s’est passé, ce sont aussi quelques figures belges qui ont osé résister à l’ennemi que nous découvrons dans cet album. Philippe Brau, auteur des textes, explique tous les liens entre histoire réelle et anecdotes de fiction à la fin de l’ouvrage.

Si le scénario souffre à mon sens de petites longueurs, il n’en est pas moins bien construit et très intéressant. Malgré la dureté des faits et du contexte, le dessin en noir et blanc de Georges Van Linthout, tout en nuances grisées de crayon et aquarelle, lui apporte ce qu’il faut de sobriété et de sensibilité.

Encore une découverte inattendue et très instructive sur la Grande Guerre en Belgique et du côté de Liège.

Georges VAN LINTHOUT (dessin) et Philippe BRAU (textes), Comme en Quatorze, Des ronds dans l’O, 2014

Poppy Thiepval

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