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Présentation de l’éditeur :

En 1998, Laurie Halse Anderson, jusque-là auteur pour enfants, est réveillée par les sanglots d’une jeune fille. Dans la maison, ses enfants dorment à poings fermés ; c’est un cauchemar qui a réussi à la tirer du sommeil. Répondant au besoin de se vider l’esprit des pensées sombres qui s’y agitent, Laurie attrape un carnet et y couche le brouillon d’une histoire, celle d’une jeune fille qui ne parle plus depuis un terrible crépuscule d’été. 

Une fois sa mission accomplie, elle retourne se coucher. Laurie Anderson ne fit plus jamais ce mauvais rêve qui allait pourtant changer sa vie l’année suivante quand les notes seraient devenues un roman vendu à plusieurs millions d’exemplaires, un film hollywoodien (avec Kristen Stewart en 2004), de nombreuses nominations et récompenses, et plus de 30 traductions, Vous parler de ça n’est pas simplement un premier roman bouleversant. C’est un phénomène de société, c’est un sujet de conversation, c’est un étendard, c’est un livre capable de changer la vie de celles qui le lisent, et il est pour la première fois traduit en français.

« Dans ce magnifique roman, Laurie Halse Anderson mêle fines observations et portraits hauts en couleur pour nous entraîner dans la tête d’une adolescente isolée… Elle insuffle à son récit une énergie capable de soutenir son héroïne à travers sa douleur et provoque l’empathie… Le réalisme de la métamorphose durement gagnée de Melinda laissera les lecteurs touchés et inspirés. »

Publishers Weekly

Encore une fois merci à mes libraires jeunesse qui m’ont prêté les épreuves non corrigées de ce livre pour que je leur donne mon avis de lectrice. Un paragraphe dithyrambique du Publishers Weekly était apposé sur la couverture (des épreuves non corrigées, je le précise) mais euh… je ne me sens pas vraiment « inspirée » après la lecture de ce roman jeunesse et je n’ai pas été particulièrement transportée…

On devine très vite l’acte dont Melinda a été victime, c’est gros comme une maison, mais il faut très longtemps avant que les mots sortent. Entendons-nous bien, je crois sans problème que les jeunes filles (attention, je spoile) victimes d’un viol peuvent perdre la parole, sont incapables de mettre des mots pour comprendre ce qui leur arrive, mais comme le lecteur le perçoit très vite, il faut à mon sens que la mécanique romanesque suive : or c’est long, très long à décoller, on suit pendant très longtemps Melinda dans les affres de la solitude où sa triste aventure et ses anciennes copines l’ont enfermée (parce que le soir d’été où « ça » s’est passé, dans la panique, elle a appelé la police avant de s’enfuir, perturbant ainsi profondément ses copains qui s’amusaient si bien à boire et à fumer). Pendant de longs mois, Melinda traîne son mal être et son échec scolaire bien compréhensibles (mais on dirait qu’elle fait tout exprès pour se mettre les autres à dos, comme une « banale » crise d’adolescence) avant qu’enfin les choses avancent beaucoup plus vite.

Je suis très étonnée que cette fille de treize ans seulement finisse par se relever toute seule, sans aide des adultes (à part Mr Freeman – le bien-nommé prof d’arts plastiques – encore un truc gros comme une maison) et je suis une nouvelle fois choquée par le fait que l’auteure traite les personnages secondaires de manière très rapide, trop légère, qu’elle donne à son héroïne des parents aussi falots et des profs aussi peu sensibles. Qu’on ne me dise pas que personne, dans un établissement scolaire (qu’il soit américain ou pas) ne s’inquiète et ne cherche à savoir pourquoi les résultats d’une jeune adolescente sont tout à coup en chute libre. Il n’y a que le prof d’arts plastiques qui a la puce à l’oreille et qui oblige Melinda à travailler le thème (la métaphore !) de l’arbre jusqu’à ce que quelque chose de sensible émerge vraiment de ses dessins et que la jeune fille ose se dire enfin.

Ajoutez à cette construction relâchée un style qui n’a rien de transcendant et un manque d’unité dans le ton de Melinda, qui est la narratrice du roman et cela ne donne pas un livre à conseiller absolument…

Laurie Halse ANDERSON, Vous parler de ça, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie Chabin, La belle Colère, 2014

Challenge Rentrée littéraire 2014

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