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Présentation de l’éditeur :

De Montauban en 1748 à l’échafaud parisien en 1793, quarante-cinq ans d’une vie féminine hors normes, et l’invention d’une idée neuve en Europe : la lutte pour les droits des femmes. 
Née dans une famille bourgeoise de province, sans doute fille adultérine d’un dramaturge à particule, Marie Gouze dite Olympe de Gouges a traversé la seconde moitié du XVIIIe siècle comme peu de femmes l’ont fait. Femme de lettres et polémiste engagée, elle se distingue par son indépendance d’esprit et l’originalité parfois radicale de ses vues, s’engageant pour l’abolition de l’esclavage et surtout pour les droits civils et politiques des femmes. Opposée aux Robespierristes et aux ultras de la Révolution, elle est guillotinée pendant la Terreur.

C’est bien sûr la lecture du Canapé rouge de Michèle Lesbre qui m’a donné envie de mieux connaître Olympe de Gouges. J’ai donc emprunté ce pavé à la bibliothèque !

Cette biographie dessinée (et forcément légèrement romancée, précisons-le) est foisonnante : 400 pages, 300 planches environ d’une vie de femme, d’un destin qui traverse la seconde moitié du dix-huitième siècle français. Les causes, les intellectuels de son siècle, Marie Gouze, qui deviendra Olympe de Gouges, les a tous connus : elle s’est particulièrement battue pour l’abolition de l’esclavage et les droits des femmes, je ne vous apprends rien. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’elle a lu, dévoré les écrits des peseurs de son temps, Voltaire, Rousseau, Diderot pour ne citer que les plus célèbres, elle en a fréquenté plusieurs aussi, évidemment, et elle écrit elle-même, des pièces de théâtre qu’elle a bien du mal à faire jouer (ses démêlés avec la Comédie-Française…), des pamphlets, des affiches (dont la dernière lui vaudra d’être lâchée par ses protecteurs, emprisonnée, jugée et guillotinée…)

C’est assez amusant de voir comment elle défend Voltaire contre Rousseau. Ce que j’ai aimé, c’est son goût de la poésie (et des poètes) et comme elle est une grande amoureuse, une femme qui, pour son époque, assume vraiment qu’elle a une tête et un corps. Ce qui est très parlant, c’est de voir à quel point son destin est proche de celui des femmes, encore aujourd’hui : enfant de l’adultère, fillette attachée à un père biologique qui ne peut la reconnaître ni la soutenir correctement mais l’influence dans son goût des lettres, mariée par raison, veuve à vingt-et-un an, elle se bat pour rester indépendante, elle essaye de concilier son engagement littéraire et politique et les exigences de sa vie de mère : elle a un fils aîné, elle perd une fillette en très bas âge, et c’est finalement le « devoir » politique qui va l’amener une dernière fois à Paris, croit-elle, avant un repos souhaité par son fils, mais hélas on connaît sa fin tragique.

Alors, à propos de la Révolution française, il me faut avouer que je m’y perds, en Belgique on en parle dans les cours d’histoire, certes (mais je me souviens que le sujet est un peu passé à la trappe en fin d’année scolaire, parce que ma prof de l’époque préférait nettement Louis XIV et Versailles) et donc, la fin de la BD m’a paru très fastidieuse ! Il faut pourtant reconnaître que les auteurs ont tenu à offrir à la fin de l’ouvrage une bonne quarantaine de pages sur tous les personnages et leur réalité historique, appuyant ainsi leur travail de réels biographes.

Un petit mot sur le dessin : il sert le côté foisonnant du récit, avec sa richesse de détails et son côté un peu « peintre naïf » tout en apportant une grande sobriété avec un trait en noir et blanc tout simple, une « ligne claire » en quelque sorte.

J’ai conscience que ce billet ne rend pas compte de la richesse de ce destin de femme, qu’il est même carrément naïf… qu les connaisseurs veuillent bien m’en excuser !

CATEL et BOCQUET, Olympe de Gouges, Casterman (collection Ecritures), 2012

Projet non-fiction avec Marilyne

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Petit Bac 2014

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